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Nous sommes le 9 avril 2019, un an jour pour jour après l’envahissement militaire de la Zad de Notre-Dame-Des-Landes. La stratégie répressive la plus massive que nous ayons connu depuis des décennies sur un si petit bout de territoire est un échec, à tel point qu’elle a dû se déployer sur l’ensemble du territoire, jusqu’aux Champs-Élysées, haut lieu de pouvoir et de richesses.

Pourtant, l’écologie populaire et radicale n’a jamais été aussi vivante : de quelques lieux d’expérimentation au printemps 2018 nous sommes passés à des milliers de rond-points occupés par des habitant·e·s qui s’activent pour prendre soin les uns des autres et de la Terre qui les fait vivre et qui réfléchissent pour s’organiser en démocratie directe. Là aussi on construit des cabanes, on se révolte, on occupe, on vit, on réfléchit… Ici on loge des personnes à la rue, on partage un repas de Noël, là-bas on bloque une usine Monsanto…

Tellement de choses à dire… depuis le choc d’une opération de destruction systématique de tout ce qui n’est pas labellisé par une préfecture, à coups de dizaines de milliers de grenades dans le bocage, jusqu’à cet hiver où toute la brutalité des néo-libéraux apparaît au grand jour. Une toute petite minorité de la population qui se dit « libérale et progressiste » ne défend en réalité que la liberté d’entreprendre en start-up au détriment de la liberté de manifester, de la liberté de résister ou simplement de vivre et d’habiter en commun.

Dans de nombreux endroits à Nantes on se demande depuis un an : qu’on ait été contre ou pour l’aéroport ou qu’on s’en fiche, pourquoi ont-ils voulu détruire la Zad ? Et on ne peut pas s’empêcher de se dire que la Zad était ce laboratoire vivant d’un autre monde qui portait en germes des manières de vivre ensemble solidaires et écologiques. Ce monde qu’un ministre de la transition écologique et solidaire n’arrive pas à faire advenir…

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Mais si, de loin, vous pleurez la Zad, rassurons-nous : aucune répression ne pourra effacer l’histoire et l’avenir de cette lutte. Malgré les pressions sur les corps et les esprits qui ont eu lieu lorsque cette Zone d’Autonomie Définitive a été transformée en zone de guerre, tout est à venir !

– 3 juillet 2018, quand Aboubakar Fofana est abattu par un CRS au quartier du Breil à Nantes, de nombreux habitant·e·s et sympathisant·e·s de la Zad sont venus témoigner leur solidarité et leur peine face aux crimes policiers

– 20 octobre 2018, la cabane « Gourbi VIII » est transportée de la Zad à la Plaine de Marseille, quartier populaire en lutte contre la gentrification

– 24 février 2019, la lutte contre un projet de Surf Park démarre en fanfare

– 14 mars 2019, malgré les destructions, un appel à occupation des terres de l’Est de la Zad est lancé

– 5, 6, 7 avril 2019, la Cagette Des Terres nourrit l’assemblée des assemblées des Gilets Jaunes réunie à Saint-Nazaire

– 14 avril 2019, un appel à venir découvrir les projets des paysan·nes et des occupant·es est lancé

Et au-delà des luttes, la Zad inspire tout·es celles et ceux qui construisent un monde plus juste, véritablement démocratique et radicalement solidaire !