Les blogs de Nantes en commun·e·s https://blogs.nantesencommun.org Espace de débats et d'exploration de Nantes en commun·e·s Tue, 26 May 2020 12:16:30 +0000 fr-FR hourly 1 https://blogs.nantesencommun.org/wp-content/uploads/sites/2/2019/09/g821-150x150.png Les blogs de Nantes en commun·e·s https://blogs.nantesencommun.org 32 32 Deuxième tour des municipales : l’occasion d’un tournant vers l’écologie populaire à Nantes https://blogs.nantesencommun.org/2020/05/26/2e-tour-des-municipales-loccasion-dun-tournant-vers-lecologie-populaire-a-nantes/ https://blogs.nantesencommun.org/2020/05/26/2e-tour-des-municipales-loccasion-dun-tournant-vers-lecologie-populaire-a-nantes/#respond Tue, 26 May 2020 11:44:49 +0000 https://blogs.nantesencommun.org/?p=3001 Ces dernières semaines d’épreuve ont montré les limites de notre système et la démocratie en ressort un peu plus affaiblie. Nous subissons aujourd’hui les conséquences des politiques néolibérales européennes, nationales et locales. Plus que jamais, il est temps d’y mettre un terme partout où cela est possible, en commençant par Nantes. Plus que jamais, il devient nécessaire et urgent de construire un autre modèle de société qui tourne le dos au capitalisme dévorant et mondialisé. Nos communes sont l’échelle de la vie concrète, les lieux où la réappropriation habitante est possible. C’est pour cela qu’il nous faut agir et nous saisir de l’opportunité qui s’offre à nous aujourd’hui : mettre fin aux politiques de métropolisation, d’attractivité et de compétition menées par Johanna Rolland à Nantes.

Nantes en Commun porte un projet de transformation profonde pour Nantes, allant dans le sens de la réappropriation de nos vies, de l’écologie populaire et des communs. Nous avons fait le choix de porter ce projet aux élections municipales car les institutions locales sont un levier pour cette transformation.

Le 15 mars dernier, Nantes en commun a recueilli 8,95% des voix, malgré un scrutin entaché d’illégitimité. Nous ne pouvons pas maintenir seuls notre candidature au second tour mais l’opportunité de transformer en profondeur notre modèle de société à Nantes s’offre en remportant la mairie avec la liste “Nantes ensemble”, la liste qui a déclaré avoir la même volonté de transformation que nous. C’est maintenant ou jamais, l’urgence est là et il est de notre devoir de participer à la transformation de la ville, de transformer nos luttes en réalités.

Face aux enjeux actuels, nous proposons de relever les défis suivants : 

  1. Construire des moyens de production locaux pour répondre à nos besoins essentiels, en respect avec la nature et les personnes, afin de vivre dans un territoire plus résilient et plus autonome (alimentation, énergie, eau, transports, santé,…)
    Pour cela, nous proposons, entre autres, la création d’une régie alimentaire municipale, d’un fournisseur local d’énergie, de maisons de santé par quartiers ou encore la mise en place d’une gratuité des transports en commun pour près de 50% de la population de la métropole. Pour mener la transition économique dont nous avons besoin, ouvrons des ateliers communaux, des espaces de production, de partage des savoir-faire et de création de projets.
      
  2. Sortir Nantes de la logique marchande : notre ville n’est pas à vendre, cessons d’en faire une marchandise et faisons-en un lieu d’accueil, d’entraide et de convivialité.
    C’est notamment le sens de nos propositions de faire un moratoire sur les grands projets urbains qui détruisent les quartiers et les liens existants, notamment le projet de déplacement du CHU. Au contraire, nous voulons, dans nos quartiers, des places centrales piétonnes, des zones sans voitures autour de chaque école de la commune, des lieux de rencontre et de convivialité gérés par les habitants. Enrayons la spéculation immobilière et plafonnons les loyers pour permettre à tous les Nantais et Nantaises de pouvoir continuer à se loger à Nantes. 

  3. Développer les outils et les moyens pour que les habitant·e·s de tous les quartiers nantais puissent maîtriser leur cadre de vie, définir et répondre à leurs besoins fondamentaux.
    Pour cela, donnons les moyens à des assemblées de quartier autonomes de se former : avec un lieu et des budgets propres et un soutien aux projets habitants. La réappropriation habitante doit être possible partout, y compris dans tous les projets de transition écologiques évoqués plus haut.

Nous appelons la liste “Nantes ensemble” à relever ces défis. Si c’est ce que choisit de faire Nantes ensemble, nous sommes prêt•e•s à contribuer, avec elles et eux, à mettre en œuvre cette politique ambitieuse.

Ensemble et en commun, construisons un autre monde à Nantes.

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Ouverture d’Uniqlo à l’heure où il nous faut tourner la page de la métropolisation https://blogs.nantesencommun.org/2020/05/20/ouverture-duniqlo-a-lheure-ou-il-nous-faut-tourner-la-page-de-la-metropolisation/ https://blogs.nantesencommun.org/2020/05/20/ouverture-duniqlo-a-lheure-ou-il-nous-faut-tourner-la-page-de-la-metropolisation/#respond Wed, 20 May 2020 12:43:33 +0000 https://blogs.nantesencommun.org/?p=2996 Aujourd’hui ouvre le nouveau magasin Uniqlo, construit sur feu square Fleuriot et les vestiges de la muraille de Nantes au XIIIe siècle.

Dommage pour cette grande chaîne, elle ne pourra pas ouvrir en grande pompe comme prévu et préparé par les élus locaux — coronavirus oblige ! On se souvient effectivement d’Alain Robert, élu nantais et vice-président aux projets urbains à la métropole, qui, même en pleine campagne électorale, se félicitait de l’arrivée de cette marque de prêt-à-porter japonaise et du soit-disant apport bénéfique pour les autres commerçants du centre-ville (?).

On a là un bien bel exemple des conséquences des politiques de métropolisation et d’attractivité : on brade un espace public non marchand pour y construire un énième bâtiment — dont l’architecture dénote avec le reste du quartier pour dire les choses subtilement — pour accueillir l’un des symboles de la mondialisation. Le tout, promu par des élus locaux qui se targuent d’avoir bien joué les règles du système sans jamais les questionner, et qui, bien sûr, à chaque crise, tentent de nous faire croire qu’ils ont changé, qu’ils ont compris les enjeux écologiques et la nécessité de changer de modèle….

Mettons fin à ces politiques d’attractivité qui défigurent nos villes au nom de la sacro-sainte croissance, et qui sacrifient le bien vivre de ses habitant·e·s. Pour construire le monde de demain, commençons par tourner la page de la métropolisation ! 

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YELLOPARK : ÇA CONTINUE ! ⚽️💶 https://blogs.nantesencommun.org/2020/05/11/yellopark-ca-continue-%e2%9a%bd%ef%b8%8f%f0%9f%92%b6/ https://blogs.nantesencommun.org/2020/05/11/yellopark-ca-continue-%e2%9a%bd%ef%b8%8f%f0%9f%92%b6/#respond Mon, 11 May 2020 11:19:57 +0000 https://blogs.nantesencommun.org/?p=2992 On pensait tous qu’après l’abandon du projet ubuesque de nouveau stade, on n’entendrait plus jamais parler du YelloPark.

Souvenez-vous le Yello Park, c’était ce projet scandaleux : Septembre 2017. La présidente de la Métropole, le propriétaire du FC Nantes et un promoteur immobilier annoncent que le stade de la Beaujoire, qui répond pourtant aux normes internationales, sera rasé et remplacé par un nouvel équipement privé dans le cadre d’un vaste programme immobilier. En plus du gâchis qu’implique ce projet, sur la méthode tout va de travers : pas de concertation quant à l’opportunité du projet, pas d’étude du bilan environnemental, pas de mise en concurrence …
Brader un quartier de la ville au profit du foot business (10,6 millions les 23 hectares, soit 45€ le m2) scandalise à tel point l’opinion que le projet est remplacé, en novembre 2018, par un projet encore plus fou : un nouveau stade sera bien construit mais à quelques dizaines de mètres du stade actuel qui sera finalement préservé sans que l’on en connaisse l’usage…

En février 2019, une perquisition du Parquet National Financier à l’encontre de Waldemar Kita interrompt l’aventure. On pensait alors, à tort, que ces projets insensés étaient tombés définitivement dans les poubelles de l’histoire de Nantes.

Le journal L’Equipe nous a appris, le 6 mai, que le président du FC Nantes, Waldemar Kita a “saisi le tribunal administratif pour le préjudice des 12 millions d’euros investis dans le travail préparatoire au stade qui devrait voir le jour en 2022, alors que la mairie et la métropole s’étaient engagées”.

la Métropole était-elle informée de la saisine du Tribunal Administratif par Waldemar Kita le 22 janvier dernier ? Si oui, pourquoi ne pas avoir informé les habitants de la métropole qui ont suivi, honteusement, le feuilleton de ce “YelloGate”. Ces informations ont-elles été gardées sous silence en pleine campagne électorale ?

Devons-nous nous inquiéter de devoir payer la facture de 12 millions d’euros réclamés par Waldemar Kita ? Cette situation serait une nouvelle fois le fruit des errements et de l’amateurisme du Vice Président de la métropole en charge du sport de haut niveau, Pascal Bolo dans ce dossier honteux.

Par ailleurs, quelques jours seulement avant la fin de confinement, le bureau métropolitain, réuni le jeudi 7 mai auprès de la Présidente Johanna Rolland, a décidé de l’attribution d’une subvention de 200 000 € au FC Nantes pour le financement “d’actions de formation et d’éducation”.

Nous saluons l’initiative des élus écologistes de Nantes Métropole qui se sont opposés à cette attribution malgré leur appartenance à la majorité de Johanna Rolland.

Nous nous étonnons de l’attribution de cette subvention au regard du contexte dans lequel elle fut décidée. Le président du FC Nantes, Waldemar Kita, souhaite en effet déménager le centre de formation du club en dehors de la Métropole. Nous doutons ainsi de la bonne utilisation de cet argent public par un club détenu par une holding implantée à l’étranger.

Donner 200 000 euros d’argent public à un club dont la société nous réclame par ailleurs 12 millions d’euros au tribunal nous paraît complètement insensé Il n’est pas admissible que la puissance publique, prétendant être garante de l’intérêt général, s’incline face à l’intérêt privé.

Lire aussi ⤵
« YelloPark : le commun contre le partenariat public-privé »

https://www.nantesencommun.org/…/yellopark-le-commun-contr…/

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Ce que nous pensons de la réouverture des écoles https://blogs.nantesencommun.org/2020/05/04/ce-que-nous-pensons-de-la-reouverture-des-ecoles/ https://blogs.nantesencommun.org/2020/05/04/ce-que-nous-pensons-de-la-reouverture-des-ecoles/#respond Mon, 04 May 2020 14:40:47 +0000 https://blogs.nantesencommun.org/?p=2982 Rouvrir les écoles, pourquoi pas, mais à certaines conditions. Voici le positionnement de Nantes en commun sur la réouverture des écoles maternelles et primaires à Nantes à partir du 11 mai 2020. 

  1. Ne faisons pas porter toute la responsabilité sanitaire sur les agents
  2. La reprise de l’école doit s’accompagner d’une réouverture aménagée de la cantine
  3. Mettre à disposition prioritairement tous les locaux disponibles aux écoles
  4. Stop à l’hypocrisie de la “continuité pédagogique”, ouvrons des espaces de dialogue pour permettre aux enfants de mieux comprendre et mieux vivre cette période 
  5. Au lieu de “Vacances Apprenantes” proposons de retrouver l’expérience du collectif et l’autonomie : organisons des colonies de vacances municipales

Témoignages :

On nous demande de tout improviser en très peu de temps !” ; “Comment veulent-ils que les enfants respectent des gestes barrières ? Ils ont déjà vu une cour de récré ?!” “Beaucoup des parents de mes élèves ont peur de la reprise de l’école, ils paniquent” ; “J’ai des élèves dont les parents ne veulent pas envoyer leurs enfants à l’école parce qu’ils ont peur des implications sanitaires. Par exemple, la mère de l’un d’entre eux travaille avec des personnes âgées. Elle ne veut pas prendre le risque de choper le virus via son fils et être responsable de la mort de plusieurs des personnes dont elle prend soin”.
“On sature de mails, on en reçoit 6 à 7 par jour de différentes instances. Mais on ne reçoit aucune information claire, on est dans le flou. Et depuis quelques jours, plus rien, aucune info, on attend.” “On a reçu un mail de la directrice de l’école de ma fille et elle semble suggérer que la rentrée pourrait se faire en septembre !” 

Chez les parents, les enseignants, le personnel scolaire, on sent l’inquiétude. La peur d’une accélération de la propagation du virus. La peur de laisser des enfants pour compte. Le flou des consignes du ministère, du rectorat, de la mairie. L’incertitude quant à leur capacité à rouvrir l’école. La pression malsaine que l’on fait peser sur le corps enseignant et les parents au nom de la fameuse “continuité pédagogique”, comme s’ils étaient responsables de cette situation. Le sentiment d’impuissance qui en découle. 

Tout le monde prépare cette rentrée corona à la hâte. L’État laisse les collectivités et les villes se charger de tout, faisant reposer sur elles une grande responsabilité, ce qui est à la fois normal puisque c’est l’échelon le plus pertinent, mais aussi déroutant puisque c’est une décision centralisée qui ne prend pas compte les situations locales. 

Le gouvernement exige la réouverture des écoles le 11 mai, alors que le conseil scientifique préconisait une réouverture en septembre. Une fois de plus, il semblerait que la reprise et le sauvetage de l’économie prévalent sur la santé des habitant⋅e⋅s. De nombreux pays européens ont préféré mobiliser leurs agents pour préparer la rentrée de septembre plutôt que de leur faire porter la responsabilité d’une réouverture immédiate. Pourquoi ne pas avoir fait le même choix ? Pourquoi ne pas anticiper la rentrée de septembre 2020? En en profitant notamment pour accorder plus de moyens aux auxiliaires de vie scolaire et accompagnant·e·s des élèves en situation de handicap.

1 Ne faisons pas faire porter la responsabilité sanitaire sur les agents

Nous soutiendrons les membres du personnel éducatif qui exerceront leur droit de retrait parce que les conditions sanitaires ne sont pas réunies pour qu’ils effectuent leur travail en toute sécurité, pour leurs élèves et pour eux-mêmes. Et nous dénonçons le chantage et la culpabilisation des enseignants à qui on assène, lorsqu’ils expriment des doutes ou refusent de retourner travailler, qu’ils sont responsables de l’accroissement des inégalités. C’est le système actuel qui est à l’origine des inégalités entre les élèves, pas le fait qu’ils manquent quelques semaines de cours dans leur scolarité. 

2 La reprise de l’école doit s’accompagner d’une réouverture aménagée de la cantine

Nous ne sommes pas dupes : la décision de réouverture des écoles est fortement liée à des choix économiques. Malgré les discours gouvernementaux contradictoires, malgré les risques et les protections sanitaires aléatoires, de nombreux parents doivent retourner au travail, s’ils et elles n’y sont pas déjà. Pour cette raison, ils ont besoin que leurs enfants soient accueillis toute la journée, y compris durant le temps du midi.

Et pour les familles les plus modestes, la cantine est indispensable pour que leurs enfants mangent au moins un repas complet par jour à moindre coût. Si nous saluons l’initiative de la mairie de compenser l’absence de cantine en donnant 100€ par enfant pour les familles modestes, cela risque d’être insuffisant si on ne réouvre pas les cantines en mai. 

C’est d’autant plus vrai que de demander aux parents de préparer un pique-nique pour chaque jour de la semaine est une pression supplémentaire — à la fois financière, sociale et organisationnelle — dans un contexte économique et social déjà compliqué.

Aidons les agents à s’organiser pour adapter la préparation de repas au contexte sanitaire : il est nécessaire de veiller à ce qu’ils soient protégés, mais il faut également envisager tout scénario qui permettrait de ne pas compliquer leur mission, par exemple, en privilégiant les repas froids. La ville doit également veiller à ce que les animateurs périscolaires engagés par l’ACCOORD aient les moyens matériels et logistiques de préparer cette rentrée, de se protéger et d’assurer leurs missions en toute sécurité.

3 Mettre à disposition prioritairement tous les locaux disponibles aux écoles

À partir du 11 mai, les effectifs seront limités à 15 élèves par classe. Dans de nombreuses écoles, qui souffrent déjà de manque d’espace en temps normal,  cette exigence sanitaire est difficilement réalisable. Alors, pour permettre le dédoublement des classes et la distanciation physique, mettons à disposition les locaux associatifs et équipements sportifs non utilisés. Faisons également classe en extérieur, dans les parcs et les espaces verts autant que possible — ce qui semble particulièrement pertinent après deux mois de confinement.

4 Stop à l’hypocrisie de la “continuité pédagogique”, ouvrons des espaces de dialogue pour permettre aux enfants de mieux comprendre et mieux vivre cette période

On sait à quel point il aura été difficile, en pratique, d’assurer la “continuité pédagogique” tant vantée par le ministre de l’éducation. Pour de nombreux parents et enseignants, cette injonction a été une source d’inquiétude et de pression sans pareil. Mais la reprise de l’école ne signifie pas retour à la normale. 

Les enseignants sont assez unanimes : leur priorité ne sera pas pédagogique, mais sanitaire. Les aménagements et tâtonnements matériels et logistiques ne permettront pas de reprendre normalement  le cours des choses. Par ailleurs, il faudra composer avec des classes incomplètes — nombre de familles ont déjà annoncé leur souhait de garder leurs enfants. Et après deux mois de confinement, deux mois sans rythme scolaire et sans vie sociale, comment les enfants pourront-ils retourner à l’école et continuer à suivre le programme comme si de rien n’était ? D’autant plus que pour certains, cette période aura été particulièrement douloureuse, à cause des conditions matérielles ou de situations familiales parfois tendues. 

Alors assumons pleinement l’aspect inédit de cette reprise : assumons le fait que l’école assure temporairement un simple accueil, notamment pour permettre aux parents de retourner au travail — puisqu’il s’agit bien de la véritable raison de cette rentrée précipitée 

Profitons de cette période pour permettre aux équipes pédagogiques d’ouvrir des espaces de discussion, de libération de la parole des enfants et d’échanges sur la période actuelle. Des espaces aussi, dans lesquels les enfants peuvent exprimer leurs sentiments, notamment en lien avec ce qu’ils ont pu éprouver lors du confinement. 

Les animatrices et animateurs du périscolaire peuvent également avoir un rôle là-dedans, en travaillant étroitement avec les enseignants·e·s. Ce peut être l’occasion de rapprocher les différents acteurs pédagogiques, ainsi que les élu·e·s, qui disposent de peu de lieu de dialogue. 

5 Au lieu de “Vacances Apprenantes” proposons de retrouver l’expérience du collectif et l’autonomie : organisions des colonies de vacances municipales.

Le ministre de l’éducation, soudain soucieux des inégalités scolaires, a annoncé sa volonté de mettre en place le dispositif “Nation apprenante”, durant les vacances d’été, afin de compenser la fermeture des écoles pendant le confinement. Ce dispositif semble similaire aux stages de remédiation qui existent déjà et dont l’efficacité reste très limitée. On ne résout pas des difficultés scolaires, quelque soit leur nature, en une semaine de bachotage. 

Ne risquons-nous pas de créer un énième dispositif inefficace alors que ceux qui fonctionnaient ont été sacrifiés pour des raisons purement budgétaires — c’est notamment le cas des RASED, les Réseaux d’Aide Spécialisée aux Elèves en Difficulté ?

Si la ville n’a pas de pouvoir directement sur ces mesures nationales, elle peut jouer un rôle dans la réduction des inégalités à travers des politiques éducatives et jeunesse. 

Par exemple, anticipons le fait que nombre d’entre eux ne pourront pas partir en vacances cette année, plus encore que d’habitude. Par le passé, la ville de Nantes était propriétaire d’un centre de colonies de vacances permettant aux enfants les plus modestes d’être accueillis, hébergés et de partir en vacances. Aujourd’hui, ce centre n’existe plus et les places proposées par les structures publiques sont insuffisantes. 

Notre proposition est que la mairie achète des terrains dans la nature, et/ou de camping qui soient de véritables terrains d’aventure pour les enfants. Sur le modèle des associations d’éducation populaire ou d’éducation nouvelle, créons un cadre sécurisant au sein duquel les enfants pourront développer leur autonomie individuelle et leurs habiletés sociales, éprouver leur pouvoir d’agir, vivre des expériences collectives, par exemple en décidant collectivement des activités qu’ils ont envie de faire. 

Cette proposition, suite au confinement et dans un contexte de crise économique et sociale, semble répondre aux besoins les plus prégnants de nos enfants.

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Sommes-nous des irresponsables ? (Oui.) https://blogs.nantesencommun.org/2020/05/04/sommes-nous-des-irresponsables-oui/ https://blogs.nantesencommun.org/2020/05/04/sommes-nous-des-irresponsables-oui/#respond Mon, 04 May 2020 08:07:14 +0000 https://blogs.nantesencommun.org/?p=2975 Face à la crise sommes-nous des irresponsables ? Sommes-nous irresponsables par nos actes ou justement car nous soumettons nos actes aux certitudes des gens “responsables” ? Et si cette crise n’avait pas révélé l’étendue de l’irresponsabilité de nos “responsables” ?
La réponse à ces questions est incontestablement oui mais un “oui” qui doit sonner comme le glas de ces mêmes “responsables”. Si la responsabilité est la charge propre à ceux qui décident et agissent elle est d’abord la vertu de répondre de ses actes. Répondons à notre irresponsabilité, celle de nous être laissé mener par des irresponsables, et faisons maintenant les choses nous-mêmes !

En ce qui concerne cette crise, de quels actes devrions-nous répondre ? D’avoir négligé la gravité de ce virus quand nous nous annoncions qu’il ne s’agirait que d’une grippe ? D’avoir profité des bars et cafés quand nous nous encouragions à sortir profiter des théâtres (1) ? D’avoir flâné dans les parcs un après-midi quand nous nous appelions à voter le matin du même jour (2) ? D’avoir bravé le confinement pour accompagner nos proches dans la solitudes ou la mort quand nous nous sommons de continuer à travailler malgré tout ? D’avoir cru pendant si longtemps que nous vivions dans un monde sans limite quand nous nous encourageons chaque jour à œuvrer pour toujours plus de croissance ? D’avoir oublié nos soignantes et soignants quand nous nous expliquons depuis tant d’années qu’il fallait dépenser moins pour nos hôpitaux ? De ne pas avoir agi, de ne pas avoir cherché à faire autrement quand nous nous expliquons que seuls eux, les “responsables” savent agir, et qu’il n’existe pas d’alternative ?

Nous ne pouvons répondre de rien. Nous sommes irresponsables.


Qui sont les responsables alors ?

Il y a ces hommes qui chaque jour nous interpellent par voie télévisuelle. L’un d’eux clame que nous sommes en guerre mais qu’il a à cœur de nous protéger. Un autre nous annonce chaque soir le bilan des victimes et les mesures qu’il prend la charge de mettre en place et encore un autre nous annonce les points de “PIB” que nous perdons tout en nous assurant des capacités du gouvernement à investir face à la gravité de la situation. Chaque jour ils nous interpellent et nous font la démonstration de la charge immense qui semble peser sur leurs épaules. Cette charge qu’ils assument avec force et courage, nous protégeant des périls du monde et nous rassurant par leurs paroles pleines de leurs responsabilités, et nous ramenant par la même occasion à notre totale irresponsabilité. Ils sont responsables car ils ont les chiffres, ils ont les lois. Ils savent. Ils parlent. Nous les écoutons. Nous nous les faisons écouter. De fait, et ce fait leur accordant le droit, ils sont responsables.


L’art des certitudes 

Mais ces chiffres et ces lois qu’ils semblent comprendre et maîtriser au point d’en devenir responsables, leur permettent-elles d’acquérir plus que la confirmation de leurs propres certitudes ? Car ils n’en manquent pas, de certitudes. N’est-ce pas le propre des responsables que d’avoir des certitudes ? Enfin, plus justement, de définir leurs croyances en certitudes et d’agir en fonction. C’est bien parce qu’ils sont capables de certitude qu’ils acquièrent la capacité d’agir et donc la charge de répondre de leurs actes. Et de quels actes doivent-ils aujourd’hui répondre ? eh bien précisément des nôtres car nos certitudes étaient précisément les leurs.

Pendant plusieurs semaines, avant les débuts du confinement mais encore jusqu’à aujourd’hui, régnait la certitude que nous n’avions à faire qu’à une simple grippe. “C’est une forme de grippe” (3), voilà la parole qui dominait le débat public il y a encore quelques semaines. Pourquoi changer nos habitudes de vie alors ? Nous ne nous confinons pas chaque année lors des épisodes grippaux. Nous étions aussi rassurés par la certitude que notre système de santé était le meilleur du monde. La “pleurniche hospitalière” (4) n’y changerait rien, “les budgets sont en hausse” (5) affirmait le président Emmanuel Macron le 5 avril 2018. “Il y a moins d’activité dans les hôpitaux alors qu’on augmente les budgets” déclarait le même jour la ministre de la santé, Agnès Buzyn. Malgré nos incertitudes d’irresponsables, les certitudes des responsables étaient formelles : notre système de santé jouit de l’abondance, et ce n’est pas près de s’arrêter car “il n’y aura pas d’économie sur l’hôpital dans ce quinquennat” (6) s’engageait Emmanuel Macron le 16 avril 2018.

Et quand bien même ce virus s’avèrerait plus dangereux qu’une grippe, quand bien même notre système de santé se révèlerait ne pas être le meilleur du monde, “le risque d’importation de cas depuis Wuhan est modéré. Il est même maintenant pratiquement nul” (7) affirmait Agnès Buzyn. Une marque d’assurance et de sérénité qui explique sans doute sa démission, quelques jours après cette déclaration, de son poste de ministre de la santé pour se consacrer pleinement à la course à la Mairie de Paris, enjeu somme toute plus important.

Le règne des mensonges

Pourtant, en l’espace de seulement quelques jours, notre pays a basculé dans une crise sanitaire d’une ampleur inédite et dangereuse. En quelques jours, le nombre d’hospitalisations a explosé, les placements en réanimation ont largement dépassés les capacités matérielles de nombreux hôpitaux et le nombre de morts quotidien se compta très vite en centaines par jour.

Face au terrible constat que notre système de santé n’était absolument pas apte à absorber une telle épidémie à cause de moyens largement insuffisants, le pays entier fut placé en confinement dès le 17 mars. Pendant plus d’un mois se succédèrent les prises de positions contradictoires et mensongères de nos “responsables”. Les certitudes qui structuraient les comportements depuis plusieurs semaines venaient de voler en éclats. 

Après avoir cultivé la certitude que notre système de santé jouissait d’une abondance de moyens, il se révéla en manque de tout. En manque de matériel, en manque de personnel, en manque de lits, en manque de tests et en manque de masques. Après avoir affirmé que nous avions des millions de masques mais que leur port était de toute façon inutile, il se révéla que nous étions à peine capable d’en fournir à nos soignant·e·s et que leur port obligatoire était plus que recommandé pour tout le monde. Après avoir affirmé que tester massivement la population au Covid-19 était inutile, il se révéla que les pays suivant cette stratégie avaient beaucoup moins de morts à déplorer. Mais force était de constater que nous n’avions pas les moyens d’effectuer ces tests.

La certitude aveuglante de la vertu du marché 

Cette crise, et ces mensonges, sont le résultat, et le camouflage, de certitudes bien plus profondes qui animent nos “responsables”. Pourtant le monde scientifique établissait, dès le 25 février (8), la certitude du risque de pandémie et que dès le 2 mars, l’analyse du rapport de la visite de l’OMS montrait qu’il était possible d’arrêter la course folle du virus en procédant à des dépistages massifs et ultra-rapides avec isolement immédiat des personnes positives. De l’aveu d’Agnès Buzyn elle-même, le gouvernement avait connaissance des risques et des nécessités mais resta sourd et obnubilé par les échéances municipales.

De même, depuis de nombreux mois, même de nombreuses années, les soignantes et soignants criaient leur colère et leur désespoir face à la décrépitude de l’hôpital public. Mais, là encore, les “responsables” restaient aveuglés par leurs certitudes profondes. La certitude de la vertu de la concurrence et de l’hégémonie du marché. La certitude qui a justifié la baisse sensible des moyens alloués à l’hôpital public au bénéfice du privé (9). La certitude qui a justifié l’introduction de la tarification à l’acte (T2A) conditionnant le financement des hôpitaux aux actes réalisés. La certitude qui a justifié le regroupement des services et la construction de nouveaux grands centres sanitaires (tel que le futur CHU de Nantes) (10). La certitude qui fait que ces 15 dernières années plus de 69 000 lits d’hôpitaux ont disparu et que 95 hôpitaux ont tout bonnement et simplement fermé entre 2013 et 2017 (11).

Malgré la crise actuelle, rien ne semble profondément remettre en cause les certitudes de nos “responsables”. C’est en tout cas ce que prête à croire une note de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) selon laquelle un futur plan gouvernemental prévoit d’accentuer les partenariats public-privé et le rôle des assureurs privés dans le système de santé français. (12)

Selon nos “responsables” rien ne doit vraiment changer. Surtout pas leurs certitudes. La première d’entre elles étant que la raison économique doit régir le monde. C’est bien le sens du déconfinement prévu dès le 11 mai. C’est même le sens du confinement tel qu’il est mis en place depuis le 17 mars : ne sortez que pour travailler ! 

Le stade ultime de l’irresponsabilité : le néolibéralisme

En faisant le choix du déconfinement partiel et précipité, dans la continuité du confinement autoritaire, les “responsables” nous astreignent à être des travailleurs dociles et des consommateurs passifs. C’est moins un confinement qu’un phénomène de domiciliation totale de la société (13).

La gestion de la crise actuelle, bien que mêlant des moments d’incompétence et de communication politique, est d’abord la manifestation du stade ultime de l’irresponsabilisation institutionnalisée. Les sujets de la société deviennent des corps irresponsables à gérer. La gouvernementalité néolibérale s’insinue jusque dans nos foyers, nous devenons des objets producteurs-consommateurs qu’il convient de gérer rationnellement (la raison étant entendue comme la raison économique.). Ce moment d’extrême contrôle de nos déplacements est la forme la plus choquante et visible d’un processus qui pourtant guide le sens de nos institutions depuis longtemps.

Ce confinement, et sa suite directe que sera le déconfinement sous-contrôle (14), s’inscrivent dans cette logique de domestication générale de la société à des lois qui la dépassent. D’abord, ce sont nos lois collectives, censées être le fruit du consentement et de la délibération collective, qui se retrouvent être déterminées par des principes transcendants (le principe du marché, de la rigueur et de la bonne comptabilité) (15). C’est aussi nos villes qui ne sont plus aménagées selon les besoins communautaires et la sédimentations des vécus mais selon des principes de rationalité économique (principe des flux, de l’attractivité et de la sécurité) (16). C’est enfin directement nos existences individuelles qui sont de plus en plus régies dans leurs corps mêmes. Avant même le confinement, nous pouvions observer un phénomène de domiciliation des existences. Le règne de l’espace privé, et tout ce qu’il porte d’exclusion et de segmentation, s’est imposé au dépens de l’espace public, et tout ce qu’il portait de commun et de partage. Ne sortir que pour produire ou consommer. Même la consommation a fini par rejoindre l’espace privé grâce à la possibilité de se faire livrer toute chose chez soi sans bouger de son canapé. Et lorsque l’espace public s’étiole c’est la démocratie et la société elles-même qui s’érodent.

Mais, celles et ceux aujourd’hui en position d’être nos “responsables”, sont eux-mêmes soumis à cette domestication de leur esprit. Ils sont incapables de penser un autre monde. Ils sont soumis aux lois transcendantes du marché qui incombent de produire toujours plus en partageant toujours moins. De travailler toujours plus en agissant toujours moins. De consommer encore en ne pensant plus. Eux aussi sont prisonniers de cette vision du monde.

Soyons responsables, faisons par nous-mêmes


Il en reste malgré tout que ce sont bien eux qui, aujourd’hui, tiennent les manettes des institutions, prennent les décisions et agissent pour ou contre le bien commun. Cela  justifie que nous les tenions entièrement responsables du passé mais pour l’avenir rendons-les définitivement irresponsables et reprenons les rênes. Cette crise peut être un grand seau d’eau au visage de notre société. Être responsables implique que nous répondions de nos actes. Nous les avons laissé faire pendant trop longtemps, voici alors une première réponse à cela : faisons désormais sans eux.

Si nos responsables sont des irresponsables comme les autres alors nous, irresponsables, avons toutes les chances d’être de fabuleux responsables. Reprenons en main nos affaires et reconstruisons notre capacité à décider pour nous-mêmes mais, surtout, à agir collectivement. La démocratie ne renaîtra pas dans l’enceinte austère d’une institution, sous les plafonds dorés d’un palais républicain ou dans les esprits arides des élus professionnels.

La démocratie naît et vit de nos actions collectives quotidiennes et concrètes. Elle vit lorsque nous nous approprions l’espace public, elle vit lorsque nous cultivons les friches pour nous nourrir, elle vit lorsque nous organisons la solidarité entre voisins, elle vit lorsque nous réquisitionnons des lieux vides pour loger celles et ceux dans ce besoin, elle vit lorsque les soignantes et soignants se démènent pour secourir, elle vit lorsque les profs donnent tout pour instruire, elle vit lorsque les travailleuses et travailleurs se lèvent et disent “non !”, elle vit surtout lorsque nous disons ”non !”, non à ces injustices, non à ces fatalités, non à ces lois qui nous transcendent, non à l’irresponsabilité des “responsables”. Et elle vivra tant que nous nous rencontrerons, tant que nous discuterons, tant que nous nous assemblerons, tant que nous agirons nous-mêmes et tant que nous conditionnerons toutes nos actions à construire du commun, de la solidarité, de l’unité et de la justice. (17)

Soyons responsables, répondons de nos actions 

En définitive, la crise que nous vivons nous apprend l’impérieuse responsabilité qui nous incombe de réencastrer nos existences dans la réalité du monde matériel, reprendre le goût de la justesse, réapprendre l’art de l’harmonie et ressaisir la raison des limites. À rebours des discours guerriers, romantiques et sur-humains de nos dirigeants, il nous faut redevenir humains, humbles et conscients.

Cette crise doit être une leçon, même si en elle-même elle ne porte rien. Elle n’est ni un geste divin ou une punition de mère Gaïa. Elle n’est que le résultat indirect de nos propres actions collectives, de notre propre aliénation, de politiques choisies et de nos consentements égarés. Cette crise n’est que le résultat d’une civilisation productiviste exploitant le vivant et marchandisant chaque chose. Ceux qui ne pourraient accepter que nos actes façonnent le monde, qui ne pourraient accepter qu’il faut rendre des comptes, ceux-là sont les irresponsables.

Nous ne pourrons pas continuer comme avant sans en subir de nouvelles conséquences désastreuses. Mais nous pouvons faire autrement, ici et maintenant. (18)

Notes :

1 :  BFM TV – 7 mars 2020 – “Emmanuel et Brigitte Macron au théâtre pour inciter les Français à sortir malgré le coronavirus”

2 : Sud Ouest – 13 mars 2020 – “Pour Castaner, il n’y a “pas de risques sanitaires”
https://www.sudouest.fr/2020/03/13/municipales-2020-pour-castaner-il-n-y-a-pas-de-risques-sanitaires-7319278-10883.php

3 : Télé Loisirs – 11 mars 2020 –  Michel Cymes sur le coronavirus : “Si on fait des dépêches à chaque fois qu’un mec a la grippe… C’est dingue !”

4 : Youtube – 5 avril 2020 – “La PLEURNICHE permanente hospitalière de Yves Calvi”

5 : Youtube – 5 avril 2018 – “Echange musclé entre Emmanuel Macron et une salariée du CHU de Rouen”

6 :  Franceinfo – 2 mai 2018 – “Pas d’économies à l’hôpital en 2018 selon Manu : vraiment ?”

7 : Franceinfo – 9 mars 2020 – “Agnès Buzyn a-t-elle sous-estimé le risque de propagation en France ?”

8 : La vie des idées – Pascal Marichalar, 25 mars 2020 – “Savoir et prévoir : première chronologie de l’émergence du Covid-19”

9 : Brut. – 26 mars 2020 – “Hôpital public : des décennies d’économies”

10 : Blog NEC – 18 février 2020 – “Un grand projet imposé : le regroupement du CHU sur l’île de Nantes”

11 : LCI – 13 novembre 2019 – “Hôpital : 69.000 lits ont-ils été supprimés ces 15 dernières années ?”

12 :  Mediapart – Laurent Mauduit – 1 avril 2020 – “Hôpital public: la note explosive de la Caisse des dépôts”

13 : lundimatin – Camille Espedite et Anna Borrel – 13 avril 2020 – “Pouvoir, domicile, mort : à l’ère du Covid-19”

14 : Blog Nantes en commun – 23 avril 2020 – “Chronique d’une surveillance numérque inéluctable” 

15 : Actuel Marx – Samir Amin, Giovanni Arrighi, François Chesnais, David Harvey, Makoto Itoh et Claudio Katz – 2006 – “Qu’est-ce-que le néolibéralisme ?”

16 : Blog Nantes en commun – 17 juin 2019 – “L’attractivité, version locale du ruissellement vs La politique du bien-vivre pour les habitant·es”

17 : Nantes en commun – Fiche “La démocratie et la commune” 

18 :  Blog Nantes en commun – 7 avril 2020 – “Le monde d’après se fera près de chez nous” 

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Construisons un autre monde à Nantes https://blogs.nantesencommun.org/2020/05/01/construisons-un-autre-monde-a-nantes/ https://blogs.nantesencommun.org/2020/05/01/construisons-un-autre-monde-a-nantes/#comments Fri, 01 May 2020 15:19:53 +0000 https://blogs.nantesencommun.org/?p=2958 Faisons des Beaux Arts le cœur de notre commune

Nantes, le 1er mai 2020,

La crise que nous traversons est un triste révélateur des maux d’un modèle qui se meurt à force de produire, consommer, croître, accélérer, accumuler. Les semaines qui viennent sont cruciales et nous serons amenés à faire des choix. Les partisan⋅e⋅s de la relance souhaitent que tout reparte “comme avant”, qu’on revienne à la “normale”. Mais la normalité n’est plus. Nous devons réinventer de nouvelles normalités, avancer sans certitude en restant clairs sur nos objectifs. 

Pas de plan de reprise ni de relance. Nous avons besoin d’une transformation. Et cette transformation ne peut se faire que par une construction collective, citoyenne. La classe politique a montré ses limites dans la gestion de cette crise. Ne prenons pas le risque de confier notre avenir à une poignée de personnes alors que nous sommes collectivement plus à même de prendre les bonnes décisions. Place maintenant à la voix et à l’action des habitant·e·s. Les solutions existent, mettons-les en oeuvre et faisons-en une question de priorité.

Nantes en Commun appelle dès aujourd’hui à l’auto-organisation d’une assemblée des Nantais·es afin de donner la parole aux habitant·es pour construire un autre monde. Son objectif est de faire des propositions pour répondre aux besoins urgents durant la crise et poser les bases d’une réorganisation de notre ville, pensée selon un nouveau modèle démocratique, féministe, solidaire et écologiste. Nous proposons notamment qu’elle définisse les activités que nous ne souhaitons pas voir se poursuivre et organise la transition vers des activités qui nous semblent faire sens. Cette assemblée se devra d’être indépendante des institutions, autogérée et ouverte à tous les habitant·e·s de Nantes et des territoires proches. 

Nantes en Commun appelle l’ensemble des mouvements et des personnes qui se reconnaissent dans les valeurs de réappropriation citoyenne de la ville, de  démocratie en auto-organisation locale et d’écologie populaire, à s’investir dans la création de cette assemblée.

En signant la tribune #NousLesPremiers* le 27 avril 2020, Johanna Rolland a reconnu l’importance de la voix des habitant·e·s. Cette tribune mentionne notamment que “Pour sortir de la crise “dans la concorde” et inventer ensemble ce fameux “monde d’après”, il est indispensable de dessiner un scénario démocratique impliquant le plus largement possible les citoyens, les territoires et la société civile organisée,” et qu’il est nécessaire de “mettre en place des Fabriques de la Transition au niveau local” tout en rappelant que “Nous avons la conviction qu’il faut partir des territoires, au plus proche des citoyens”.

Ainsi et afin que cet engagement de Johanna Rolland soit respecté, Nantes en Commun demande à la municipalité la mise à disposition d’un lieu pérenne et respectant les consignes sanitaires pour la tenue de cette assemblée citoyenne indépendante : l’ancienne école des Beaux Arts, comme première étape. Ce lieu sera un lieu d’action, de réflexion sur le monde que nous voulons construire collectivement et d’auto-organisation habitante. 

Nantes en Commun appuiera la mise en oeuvre de l’assemblée des Nantais·es et estime que les choix politiques à faire devront être fondés exclusivement sur les propositions de l’assemblée.

Pour que ce projet devienne réalité, envoyez un message à autremondenantes@protonmail.com pour que nous organisions la suite ensemble.

“Tout ce qui se fait sans Nous, se fait contre Nous”, Nelson Mandela.

Nantes en commun est un mouvement rassemblant des habitantes et habitants voulant se réapproprier leur ville et leur vie dans le sens d’une transformation profonde de Nantes et de la société. Nous voulons faire de Nantes la ville de l’écologie populaire, une ville qui apporte des réponses collectives et non marchandes à nos besoins essentiels, en réparant les injustices sociales et écologiques. Une ville faite par et pour ses habitant·e·s. 

Nous avons lancé des enquêtes collectives pour nous réapproprier les aspects de la ville et nos quartiers, pour comprendre afin d’agir. Nous avons organisé près de 400 rencontres qui ont réuni environ 3 000 personnes.

Depuis le début, Nantes en commun a choisi d’agir au sein du jeu institutionnel — les élections municipales où nous avons recueilli 9% soit 6 500 voix — et en dehors des institutions. Parce que nous sommes convaincu que l’essentiel de la politique se fait en dehors des institutions et que les transformations sociales profondes viennent et doivent venir de nous, habitantes et habitants auto-organisé·e·s. 

* Tribune disponible en ligne à l’adresse suivante : https://francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/tribune-nouslespremiers-elus-personnalites-publiques-ou-citoyens-ils-s-adressent-a-emmanuel-macron-pour-dessiner-le-monde-dapres_3937031.html

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[Réaction à l’actu] Arrestation d’un adolescent non francophone parce qu’il n’avait pas d’attestation https://blogs.nantesencommun.org/2020/04/30/reaction-a-lactu-arrestation-dun-adolescent-non-francophone-parce-quil-navait-pas-dattestation/ https://blogs.nantesencommun.org/2020/04/30/reaction-a-lactu-arrestation-dun-adolescent-non-francophone-parce-quil-navait-pas-dattestation/#respond Thu, 30 Apr 2020 18:00:51 +0000 https://blogs.nantesencommun.org/?p=2979 Un adolescent de 16 ans, marocain, non francophone et vivant en squat a été contrôlé pour la 11e fois sans attestation. Il a été placé en garde à vue le 26 avril, et déféré au parquet des mineurs de Nantes.
Quel sens donner à cela ? Rappelons que le gouvernement nous interdit de sortir sans attestation, sous peine d’une amende de 135€. Sans même parler de la pertinence de mettre des amendes dans ce contexte, n’est-ce pas absurde de verbaliser des personnes qui ne parlent ni écrivent le français ou des personnes vivant à la rue ? Quelle justice y a-t-il là-dedans ? Pourquoi la mairie et la préfecture n’interviennent-elles pas auprès des agents pour que cela n’ait pas lieu ?
Le gouvernement a su créer des attestations numériques et une application téléphonique, mais il n’a pas été capable de produire des documents pour les personnes non francophones ou pour les personnes analphabètes : ce sont les associations qui l’ont fait !

Cet événement n’est qu’une illustration parmi tant d’autres des inégalités face au confinement. Comment appliquer la même règle pour tout le monde quand certains d’entre nous vivent dans des maisons ou de spacieux appartements et que d’autres vivent dans des appartements sur-occupés, dans un squat ou à la rue ? Le mal-logement n’est pas tolérable quand une ville dispose des bâtiments et des moyens d’accueillir dignement tous ses habitants. En temps de confinement, cela l’est encore moins. Nombreux sont les exilé·e·s qui vivent aujourd’hui dans la promiscuité : leur situation favorise la propagation du virus et rend difficile la protection des personnes les plus fragiles.

Au nom de la solidarité et pour la santé publique, nous devons agir. Mettre à l’abri les personnes dans les bâtiments publics non utilisés, réquisitionner les bâtiments privés vides, notamment les bureaux non utilisés. Et faire en sorte que ces logements soient compatibles avec le contexte d’urgence sanitaire : salubrité, chambres séparées, etc. Cela fait des semaines, des mois que les associations alertent la mairie et la préfecture. Les réponses sont timides et loin d’être à la hauteur des enjeux.

Mobilisons-nous pour une ville refuge, une ville qui prend soin de tous ses habitant·e·s, qui aide plutôt qu’elle réprime, qui rejette la discrimination et accueille dans la dignité.

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Crise sanitaire : Bénévolat, un système d’État ? https://blogs.nantesencommun.org/2020/04/28/crise-sanitaire-benevolat-un-systeme-detat/ https://blogs.nantesencommun.org/2020/04/28/crise-sanitaire-benevolat-un-systeme-detat/#comments Tue, 28 Apr 2020 11:48:05 +0000 https://blogs.nantesencommun.org/?p=2949 L’Agence Régionale de Santé des Pays de la Loire recrute des centaines de bénévoles pour confectionner des “tabliers de protection” à Nantes. L’objectif est de créer 1 million de surblouses en 1 mois. 

Voilà où nous sommes rendus en France, dans nos régions, nos départements, nos communes : à demander à des citoyens de confectionner des surblouses pour nos soignants. Il y a quelques jours, une infirmière au CHU de Nantes implorait ses amis Facebook pour avoir des protections pour son unité de Covid-19. Elle précisait même « sacs poubelles de 160 litres acceptés » (sic). Les soignants du CHU de Nantes sont tributaires, comme les soignants dans tous nos territoires, de la générosité des restaurateurs pour leur nourriture, de celle des citoyens et entreprises pour leurs protections de travail : sur-blouses, gants, masques, … La course à la solidarité va jusqu’à l’écœurement. Certains ne veulent même plus applaudir à leurs fenêtres pour ne pas être complices de cette mascarade. D’autres préfèrent manifester plutôt qu’applaudir (Medmed à Pirmil). Les témoignages de couturières bénévoles se multiplient sur les réseaux. 

“Elles se sont assises derrière leur machine pendant des heures, mis leur famille de côté pendant ce temps là, elles ont pioché dans leurs tissus, dans leurs élastiques, dans leurs fils, elles ont utilisé leur électricité et elles ont produit des masques pour les soignants qui en avaient bien besoin (…)  L’hôpital de Lille a aménagé toute une partie d’un bâtiment pour accueillir les couturières qui leur sont indispensables. Mon amie racontait qu’elles étaient environ 40 couturières à venir quotidiennement pour coudre bénévolement, car après les masques, ce sont les surblouses dont les soignants manquent.”

http://%28https//www.facebook.com/valentine.daquai/posts/10157576996924032

La mobilisation pour confectionner des protections pour le personnel soignant à Nantes est extraordinaire, bravo à l’association les Femmes en fil, Casse ta Routine ou encore Couturier.e.s solidaires et plus globalement toutes ces personnes qui seules, cousent pour les autres. Bravo pour leur formidable initiative et l’élan de solidarité qu’elle a suscité dans toute la ville. Cette mobilisation soulève en revanche une question : est-ce raisonnable de faire la manche pour l’hôpital public parce qu’on l’a dépecé ? Si le budget de l’hôpital public fond à vue d’œil d’année en année, vers quelles politiques publiques partent nos impôts ? Le bénévolat admiré de nos couturiers et couturières doit-il se muer en système d’Etat ? Pour pallier la faillite de l’Etat par le travail gratuit au nom d’une solidarité collective ? 

La disparition de l’État est flagrante et nous saute aux yeux pendant cette crise sanitaire. On nous vante même le don au détriment de l’impôt.

Pour le déconfinement, on nous parle de la réouverture des écoles : Voyez avec les collectivités locales, les directeurs et les proviseurs ! On nous parle de masques ? Voyez avec les régions, les département et les communes. ! Le salut, dans cette crise, sera venu de la société civile, des professionnels restaurés dans leur dignité et des élus locaux qui auront par ailleurs payé un lourd tribut au maintien du premier tour des élections.

Cette crise nous révèle la faiblesse de l’État qui se retrouve nu, et à qui il ne semble rester rien d’autre que sa police, le monopole de la violence légitime. Le paradoxe de ces appels aux dons et au bénévolat est que tout notre système repose sur les échanges marchands et la marchandisation du monde. Le bénévolat est même illégal dans bien des activités professionnelles et aujourd’hui il devient une injonction, tandis que toutes les autres contraintes et dérives de notre système perdurent — les plus riches continuent à s’en mettre plein les poches même pendant la crise, l’État va durcir les conditions de travail pour faire repartir à tout prix l’économie… Une fois de plus, cette annonce de l’ARS montre que le marché — et sa théorie qui veut que nous sommes des individus qui n’agissent qu’en fonction de leur intérêt, calculé froidement — a failli et ne peut rien sans l’action désintéressée des personnes.

Pauline Castel

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Construisons nos jours heureux ! https://blogs.nantesencommun.org/2020/04/23/construisons-nos-jours-heureux/ https://blogs.nantesencommun.org/2020/04/23/construisons-nos-jours-heureux/#respond Thu, 23 Apr 2020 10:45:34 +0000 https://blogs.nantesencommun.org/?p=2942 Nantes en commun a participé à la rédaction et signé le texte « Construisons nos jours heureux ! Pour la Planète et l’Humain ». Le collectif a l’origine de ce texte rassemble associations, mouvements, syndicats, et partis politiques de Loire-Atlantique.

Parce que nous vivons une crise sanitaire sans précédent, nous devons proposer un programme d’urgence répondant immédiatement à la situation, tout en s’engageant sérieusement pour une société résiliente, une société qui protège ses membres plutôt que les profits des multinationales. Aujourd’hui, les pays les plus affectés par la crise du coronavirus sont aussi ceux qui ont considérablement affaibli leurs services publics de la santé et de la recherche, à coups de politiques néolibérales. On ne peut décemment faire confiance aux responsables de ces crises pour nous en sortir.

Pour réfléchir à ce qu’il s’agit de faire, nous avons fait le choix d’une discussion collective, associant nos différences et diversité d’approches et d’élaborer des propositions collectives à l’échelle locale et nationale.

Cette dynamique inter-organisationnelle est unique en France. Elle doit nous permettre de réagir rapidement aux potentielles dérives, notamment autoritaires. C’est pour cela que nous nous associons à toutes les organisations prêtes à lutter contre l’autoritarisme et le néolibéralisme. Nous veillerons à ce que cette crise ne soit pas une occasion supplémentaire de creuser les inégalités en faisant payer la crise à la population, et de profiter à la finance, aux grands groupes, etc.

C’est ce que Nantes en commun fera localement, avec toutes les habitantes et habitants qui le souhaitent.
Parce que le monde d’après se construira, avant tout, localement et en commun.

Construisons nos jours heureux

Pour la Planète et pour l’Humain !

Alors que notre pays traverse une crise sanitaire, économique et sociale historique, toutes nos pensées vont d’abord aux personnes les plus touchées, aux soignant⋅e⋅s en première ligne, ainsi que vers l’ensemble des travailleurs⋅euses et bénévoles mobilisé⋅e⋅s pour assurer la continuité des services essentiels à la vie quotidienne de toutes et de tous. Nous pensons aussi aux personnes qui ont succombé au Covid 19 ainsi qu’à leurs familles.

Nous, collectifs, organisations associatives, syndicales ou politiques de Loire-Atlantique, exigeons que les autorités locales et nationales prennent leurs responsabilités face à l’urgence sanitaire, dans le respect des droits fondamentaux. Nous proposons un autre chemin, à l’inverse des dérives nationalistes et individualistes.

L’urgence sanitaire actuelle nécessite, après une mobilisation tardive et une communication opaquede l’exécutif, que les autorités prennent les mesures nécessaires pour protéger l’ensemble des citoyennes. 

  • Nous exigeons de la préfecture de la Loire-Atlantique l’arrêt de toutes activités économiques non essentielles, qui ne peuvent être réalisées à distance, qui ne sont pas reliées à la gestion de la crise sanitaire.
  •  Nous exigeons la réquisition de tous les masques détenus par les entreprises non essentielles et leur transfert aux équipes soignantes et aux salarié⋅e⋅s dont l’activité est nécessaire. Nous exigeons le dépistage de tous les salarié⋅e⋅s qui travaillent, un renforcement des moyens de contrôle de l’inspection du travail sur les conditions sanitaires et un droit de veto des instances représentatives du personnel sur la continuité des activités.
  • Nous exigeons la rémunération à 100 % de tou⋅te⋅s les salarié⋅e⋅s placé⋅e⋅s en activité partielle, la prise en charge à 100 % des arrêts de travail pour garde d’enfant, et la prise en charge en accident de travail des salarié⋅e⋅s contaminé⋅e⋅s.
  • Toutes les structures économiques ne vivent pas la crise de la même manière. Un soutien particulier doit être apporté aux petites structures de l’économie sociale et solidaire, ainsi qu’aux TPE et PME de notre territoire pour qu’elles puissent faire face à la crise sanitaire.
  • Nous exigeons l’interdiction de versements de dividendes aux actionnaires : il n’est pas acceptable que les grandes entreprises persistent à rémunérer les actionnaires dans cette période de crise sanitaire et économique.
  • Nous exigeons l’annulation des dérogations au code du travail et la reconnaissance du droit de retrait lorsque la sécurité sanitaire n’est pas garantie.
  • Nous exigeons de l’ARS et du Conseil départemental une communication précise des mesures prises dans le cadre du plan bleu et exigeons le renforcement des moyens humains et matériels dans les EHPAD.
  • Nous revendiquons une hausse conséquente du salaire, et non des primes temporaires, pour les personnels soignants et les travailleur⋅eu.ses les plus exposé⋅e⋅s, souvent les plus mal rémunéré⋅e⋅s.
  • Dans les publics particulièrement impactés par le confinement et la période qui suivra, le chômage partiel n’est pas adapté à toutes les situations, notamment celles des artistes et technicien.ne.s intermittent.e.s du spectacle. De plus, ils risquent, si rien n’est fait, d’être exclu⋅e⋅s, en grand nombre, du régime de l’intermittence. Nous exigeons le déploiement d’un plan de soutien dédié car c’est aussi tout le tissu culturel et de la création qui est ainsi menacé.

La focalisation des moyens hospitaliers sur la lutte contre la pandémie, ne doit pas remettre en cause les droits des femmes, particulièrement le droit à l’Interruption Volontaire de Grossesse. Certes, l’allongement des délais pour l’IVG médicamenteuse en ville a été voté à 7 semaines de grossesse et est possible par téléconsultation. Certes, l’IVG reste un soin urgent pratiqué dans les services en toute sécurité. Mais l’accès y est inégal selon les endroits et selon les situations (mineures, migrantes etc). Il faut garantir qu’à la sortie du confinement, toute femme qui souhaiterait interrompre sa grossesse puisse le faire sur le territoire français. Les femmes et les enfants sont aussi durement touchés par le confinement, qui a provoqué un accroissement significatif des violences. Tous les moyens nécessaires doivent être donnés aux associations prenant en charge les femmes et les enfants victimes de violences pour assurer leur mise en sécurité.

Un toit c’est un droit et c’est une priorité de santé publique ! Bien avant cette crise, la situation des sans-abris et des mal-logé⋅e⋅s demandait des mesures fortes pour le logement des ménages défavorisés. L’épidémie de Covid 19 ne fera qu’accentuer les inégalités sociales face à l’habitat. Nous exigeons de toute urgence :

  • De proposer à chaque sans-abri un hébergement, tout en développant l’accompagnement social ; 
  • Qu’aucune remise à la rue ne soit faite pour les hébergé⋅e⋅s, sans garantie d’un logement ou d’un hébergement et d’un accompagnement social renforcé ;
  • Que le préfet, les mairies, réquisitionnent tout habitat vacant pour y parvenir ;
  • Un moratoire de plusieurs mois à 1 an sur tous les impayés de loyers, les expulsions en cours ou à venir, et les factures d’énergie et de communication ;
  • Le renforcement des aides au logement (AL, APL, FSL) pour un reste à charge minimum (10% du revenu disponible) pour les ménages en précarité ;
  • La création d’un service public de l’habitat pour la régulation du marché locatif, du foncier, et la mise en œuvre d’une politique de logement pour toutes et tous ;
  • L’encadrement des loyers, à la baisse, est une priorité pour atteindre 30% maximum du budget disponible des ménages. Le logement doit être d’usage, et non pas un bien de capitalisation pour rentier ou rentière ;
  • La gravité de la crise sanitaire rend encore plus cruciale la prise en compte des conditions de vie de tous les immigré⋅e⋅s et réfugié⋅e⋅s sans papiers, dont beaucoup d’enfants. Ils/elles doivent être régularisé⋅e⋅s.

L’État d’urgence sanitaire ouvre aujourd’hui la porte à la restriction abusive de nos libertés individuelles. Les ordonnances du gouvernement sont appliquées sans possibilités de contrôle citoyen et de contre-pouvoir effectif. Nous ne sommes pas en guerre comme l’a affirmé Emmanuel Macron, mais face à une pandémie. Il ne faut pas pénaliser les citoyen⋅ne⋅s par une surveillance généralisée, mais plutôt généraliser les moyens de protection et de tests vis-à-vis du virus. Face aux dérives en termes de surveillance généralisée et de surenchère sécuritaire, nous appelons les citoyen⋅ne⋅s à :

  • Refuser tout système de traçage contraire au respect de la vie privée qui enregistrerait et centraliserait des informations personnelles et de géolocalisation.
  • Veiller à leurs libertés et dénoncer des contrôles qui s’avéreraient non justifiés. 
  • Surveiller les interpellations policières en posant des questions voire en filmant celles qui seraient problématiques. 

Fidèles à l’idéal commun de la Déclaration Universelle des Droits Humains -que la France s’est engagée à mettre en œuvre-, nous invitons avocats et juristes à se mettre au service des celles et ceux qui seraient victimes de tels actes. Les mesures d’exception ne doivent pas s’ancrer dans le droit commun.

La crise que nous traversons nécessite une rupture avec l’actuelle conception capitaliste de l’économie et de la mondialisation néolibérale. Le “jour d’après” annonce l’impérieuse nécessité de transformations écologiques, sociales et démocratiques.  

  • Cette crise est révélatrice du délitement progressif du tissu productif essentiel à la vie du pays. Pour garantir notre indépendance, l’emploi et préserver notre environnement, nous réaffirmons la nécessité de relocaliser l’économie au plus près des besoins. Cela passe entre autres par la reconquête industrielle de nos territoires tout en redonnant du pouvoir aux salarié⋅e⋅s dans leurs entreprises et services publics. 

L’impératif écologique devra irriguer plus que jamais l’ensemble de nos actions et de nos politiques pour répondre au changement climatique et lutter contre la destruction de nos écosystèmes. Nos industries et l’ensemble de notre tissu économique doivent engager une transformation écologique radicale, le développement d’énergies propres et renouvelables, avec l’implication et la formation des salarié⋅e⋅s. La relance économique d’après-crise sanitaire sera un moment clé pour l’avenir de la planète et la lutte pour la justice climatique !

  • Les mesures nécessaires à la gestion de cette crise ne sont pas sans coût. C’est pourquoi nous réaffirmons la nécessité d’une lutte déterminée contre l’évasion fiscale. Nous exigeons une participation solidaire à hauteur de leurs moyens des plus grandes fortunes de ce pays, ainsi que des revenus financiers à l’effort nécessaire à la sortie de cette crise et au redressement du pays. Cela passe par exemple par le rétablissement immédiat de l’I.S.F. Afin d’en faire un des outils de justice sociale et de redistribution, nous militons pour une réforme de la progressivité de l’impôt sur le revenu.
  • La future récession économique et financière rend urgente la réduction du temps travail – à 32h par semaine, avec une 6ème semaine de congés payés et une retraite dès 60 ans – qui reste la solution d’avenir. L’égalité d’accès à l’emploi, d’évolution de carrière et de salaire entre les femmes et les hommes, et la lutte contre les discriminations, demeurent des combats à mener. La réforme des retraites et celle de l’assurance chômage doivent être abandonnées. Elles aggraveraient les inégalités et accentueraient la paupérisation.  Refusons les cures d’austérité, choisissons le partage plutôt que la loi du plus fort.
  • Cette crise renforce la nécessité de changer de modèle agricole dominant, de concentrer la production agricole sur notre sécurité alimentaire, en privilégiant des formes d’agriculture paysanne, durable et biologique permettant le respect de la biodiversité et le rythme des sols. Nous devons, dès aujourd’hui, apporter localement un soutien par des aides à la conversion (en complément aux aides nationales) et l’organisation de la consommation par circuit-court. Cette transition ne sera possible, qu’à la condition d’avoir des paysan⋅ne⋅s nombreux⋅ses sur des fermes à taille humaine. 
  • Le creusement des inégalités qui découle directement des fermetures des écoles doit être une préoccupation majeure. Nous demandons le recrutement de personnels, sous statut fonction publique d’État et territoriale, afin d’augmenter la présence d’adultes par élèves dans les classes et les établissements scolaires. La crise a mis à jour l’incapacité de nombre de familles à accéder à Internet, posséder un ordinateur ou une tablette. L’accès numérique doit être traité comme un service essentiel public et non marchand. Nous demandons un total réengagement de l’État dans ce secteur.
  • Nous voulons redonner aux collectivités locales les moyens nécessaires pour répondre aux besoins des populations en cette période de crise.
  • Nous devrons renforcer partout où c’est possible les politiques de solidarités à l’inverse des logiques de compétitions qui prévalent aujourd’hui. Nous devons prévoir en Loire-Atlantique un plan massif de développement du parc de logement social.

Les gouvernements successifs ont mis en œuvre des plans d’économie sur la santé, diminuant les moyens humains, financiers et matériels. L’hommage aux soignant⋅e⋅s ne saurait masquer la gravité de ces choix et leur responsabilité dans l’insuffisance des moyens actuels pour répondre à la pandémie. Parce que le système de santé n’est pas viable, et parce que les personnels de santé sonnaient l’alarme depuis longtemps, nous nous engageons, au sortir de cette crise, à transformer les applaudissements de soutien en actes concrets. Un service public demande des moyens, humains, financiers, pour les conditions de travail des soignant⋅e⋅s et pour la vie des patient⋅e⋅s.

De la même façon, la crise sanitaire a mis en évidence le manque de moyens alloués à la recherche publique dans la santé et en général. Il nous faut un plan d’investissement massif et pérenne dans toute la recherche publique pour porter l’effort budgétaire afin de pouvoir anticiper les futures crises, et d’accompagner la nécessaire transition écologique.

En Loire-Atlantique, le cap actuel de réduction de 353 lits et 800 personnels au CHU n’est pas tenable si l’on tire les conséquences de la crise actuelle. Nous exigeons un moratoire sur la réduction de l’offre de soins pour repenser le projet de CHU, ainsi qu’une réflexion complète pour un nouveau maillage territorial de la santé sur notre département.

Les services publics sont notre bien commun. Nous devons élargir le champ des possibles, et exiger plus généralement des collectivités locales et de l’État que les besoins essentiels à la vie en société ne soient plus soumis aux intérêts privés, mais réappropriés pour l’intérêt général. 

Nous avons conscience de la nécessité d’avancer unis dans la prochaine période pour remettre l’Humain et la Planète véritablement au cœur des politiques de demain. C’est le sens de cette tribune collective, de ces revendications communes pour préparer ensemble le fameux “jour d’après”, que nous voulons empli d’espoir en de nouveaux “jours heureux”*.

L’heure est à l’organisation de la solidarité et de l’entraide. Si l’on veut imaginer une réelle sortie de crise, ce sont ces valeurs qu’il faut faire vivre dès maintenant, et bien plus encore dès la fin du confinement. Restons mobilisé⋅e⋅s chez nous durant le confinement et, dès que cela sera possible, dans l’espace public avec toutes les forces progressistes présentes sur notre territoire. 

Un autre modèle de société est nécessaire.

Signataires en Loire-Atlantique : Alternatiba Nantes, Attac 44, l’Autre Cantine Nantes, AVEC – association de veille écologiste et citoyenne, CCFD-Terre Solidaire 44, Citoyens pour le Climat et le Vivant Nantes, Collectif nantais du refus de la misère, Droit Au Logement 44 (DAL44), Extinction Rebellion Nantes, Fakir,I-boycott Nantes, Ingénieurs sans frontières Nantes, GIGNV, Notre Affaire à Tous-Nantes,  Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP) 44, Planning Familial 44, Youth For Climate Nantes, Union Départementale CGT 44, Confédération paysanne 44, Solidaires 44, Collectif citoyen Saint Herblain à Gauche Toute / Sant Ervlan a-Gleiz Penn da Benn, EELV 44, Ensemble ! 44, La France Insoumise 44, Gauche Démocratique et Sociale 44 , Gauche Républicaine et Socialiste 44, Génération-s 44,Nantes en Commun·e·s, Nouvelle Donne 44, Parti Communiste Français 44* titre du programme du Conseil National de la Résistance.

* titre du programme du Conseil National de la Résistance.

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Ne plus collaborer avec le système https://blogs.nantesencommun.org/2020/04/23/ne-plus-collaborer-avec-le-systeme/ https://blogs.nantesencommun.org/2020/04/23/ne-plus-collaborer-avec-le-systeme/#respond Thu, 23 Apr 2020 10:15:41 +0000 https://blogs.nantesencommun.org/?p=2928 On raccompagne le capitalisme à la porte

« Non vraiment, désolé mais c’est mieux que tu partes… »

Ça fait déjà un bon moment qu’il casse les pieds à tout le monde. Nous ne sommes tout de même pas des sauvages, on a bien essayé de l’intégrer, de lui expliquer qu’on ne souhaitait plus fonctionner comme seulement lui l’entendait, mais rien à faire. Il veut, il exige, il commence à devenir violent, il fait peur à certain⋅e⋅s… Alors stop ! Ça suffit.

Est-ce qu’il y a une opposition à ce qu’on vire ce cher Monsieur K ? Quelques doutes par là-bas mais pas d’opposition. On va donc le raccompagner vers la sortie.

Raccompagner le capitalisme à la porte, en d’autres termes, c’est prendre conscience qu’on peut vivre sans lui (et qu’on vivra d’ailleurs sans doute mieux sans lui). Ça veut dire ne plus tolérer ses excès. La crise que nous traversons actuellement a ceci de salvateur qu’elle permet à nombre d’entre nous de faire le point sur ce que nous sommes individuellement et collectivement, sur notre place dans ce monde, sur la portée de nos actions,… On peut se dédouaner en accusant les pouvoirs publics de ne pas être à la hauteur (c’est très certainement le cas) mais on peut aussi s’interroger sur notre part de responsabilité à chacun⋅e. Comment en sommes-nous arrivés là ? Pourquoi nous accommodons-nous des dérives de ce monde ? En quoi est-ce que nous entretenons l’absurde ? 

Et que pouvons-nous faire désormais pour changer de paradigme ?

Je doute donc je suis

Oser se questionner, c’est déjà un premier pas vers la liberté. Car nous vivons dans un monde qui ne nous donne qu’une illusion de liberté. Outre le déterminisme social, il paraît pour beaucoup d’entre nous difficile de s’extraire d’une sorte de marche forcée. Depuis l’école on nous apprend à être les meilleur⋅e⋅s et à pousser les études le plus loin possible, de façon à être le/la plus « utile » à notre société. Seulement, cette notion d’utilité, aujourd’hui plus que jamais nous voyons à quel point elle est discutable.

Partant de ce postulat et étant donné le contexte actuel, comment ne pas penser aux bullshit jobs révélés par David Graeber ? Ces emplois inutiles tendent à glorifier une certaine forme d’arrivisme au dépend d’activités résolument tournées vers les autres. Une logique qui fait norme et qui donne si l’on souhaite s’en extraire le sentiment de se marginaliser ou de devoir mener un combat de tous les diables.

Sauf que maintenant, cette appréhension n’a plus lieu d’être. L’aliénation ne peut plus être subie, elle sera tout au plus consentie. Sans culpabiliser, sans se flageller, il faut regarder la réalité en face et comprendre que chacun⋅e de nous aura un rôle à jouer dans le nouveau monde.

La distribution des rôles

Outre le concept de revenu de base/salaire à vie/dotation inconditionnelle d’autonomie (dont nous détaillerons les différences dans un probable prochain article) qui nous permettrait réellement et plus facilement de nous affranchir des contraintes d’un travail aliénant, il existe tout de même quelques pistes pour retrouver du sens dans ses activités. On peut par exemple commencer par chercher de la cohérence en réfléchissant à son rôle par rapport à un tout et à travers le prisme de la solidarité. De fait, toute démarche individualiste est à exclure en raison de son manque de résilience sur le long terme (puisque tôt ou tard elle engendre des conflits entre individus qui ont des intérêts fatalement divergents).

Arthur Keller, systémicien et expert en stratégies de résilience collective, explique que pour entreprendre le changement structurel de notre société, nous pouvons concevoir notre rôle suivant l’un de ces 4 différents profils :

  • penseur/penseuse : autrement dit étudier, conceptualiser et proposer des solutions pertinentes
  • faiseur/faiseuse : quelqu’un⋅e qui ouvre la voie, qui expérimente et qui transmet
  • conteur/conteuse : faire savoir, inspirer, diffuser les bonnes ondes et les bonnes pratiques
  • facilitateur/facilitatrice : celui ou celle qui a les compétences ou les ressources matérielles/financières pour aider

Conscientiser son rôle (ou ses rôles puisqu’il est évidemment possible de faire un peu tout cela à la fois) c’est réfléchir au meilleur moyen de participer à un système plus juste. 
Ce nouvel écosystème est d’ailleurs déjà en train de se mettre en place à différentes échelles et sous différentes formes.

Quelles pistes concrètement ?

À Nantes il existe donc plusieurs pistes pour s’émanciper à son rythme.
Pour commencer doucement, les apéros paumé⋅e⋅s c’est un moyen simple et efficace pour rencontrer d’autres gens, qui se posent aussi beaucoup de questions. C’est la communauté make sense qui est à l’origine de cette initiative. En attendant le déconfinement, vous pouvez jeter une oreille sur les podcast et rejoindre le groupe sur facebook. Dans le même esprit vous pouvez aussi allez faire un tour sur le groupe Ticket for Change de Nantes.

Si vous êtes déjà prêt⋅e⋅s à aller plus loin, citons 2 initiatives pour accompagner les personnes en transition : Les têtes chercheuses, plutôt destinée au 15-25 ans et puis les charlatans, autrement dit un accompagnement libre pour ne pas se sentir seul⋅e dans sa démarche.

Le niveau supérieur c’est carrément de rejoindre des groupes de personnes qui se sont affranchies des contraintes liées à l’argent et qui travaillent de façon volontaire sur des projets collectifs à impacts positifs. Nantes en Commun est l’un de ces ensembles que chacun⋅ peut rejoindre librement, peu importe son niveau de savoir ou de compétence.

Sur la ZAD, il existe également des petites communautés qui vivent déjà autrement, avec une dépendance ultra limitée au système capitaliste. Pour certain⋅e⋅s il s’agit d’une vague utopie, mais en réalité, il suffit de se rendre sur place pour se rendre compte que de petites expérimentations sociales sont en fait de vraies sources d’inspiration concrètes.

Des collectifs auto-gérés il en existe partout en France. Il faut être honnête, tous ne se valent pas. Mais ils ont le mérite d’essayer. Et il n’appartient qu’à nous, de les enrichir de nos idées, de nos espoirs et de notre bonne volonté. Évidemment, quand on habite en ville, qu’on est contraint⋅e par une vie de famille ou de vieilles habitudes, difficile d’être aussi radical⋅e qu’on aimerait l’être. Mais les solutions sont là, elles existent. Il suffit simplement d’avoir le courage de se lancer !

Anto

Quelques liens complémentaires, pour creuser ou simplement s’inspirer :

  • Un excellent podcast où Arthur Keller explique pourquoi et comment reconstruire de nouveau imaginaire (on recommande notamment la métaphore du Titanic à partir de la 29ème minute) : Sismique n°13
  • Ne revenons pas à la normalité, une vision plus macro par Maxime Combes
  • La page du collectif Travailler moins pour vivre mieux
  • Un docu de l’info du vrai (pourtant pas symbole de contreculture) sur la ZAD de Notre Dame des Landes, le Larzac et Louvain ville nouvelle.
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