Sélectionner une page

Ce lundi 18 juillet, Nantes a battu un nouveau record dont nous nous serions bien passés : celui de la grande ville la plus chaude de France, avec des températures avoisinant les 42 degrés Celsius !

En plus de ces épisodes de forte chaleur et de canicule, le pic de chaleur est atteint de plus en plus tard dans la journée et dure de plus en plus longtemps. Le rayonnement solaire reçu est à son maximum vers 14 heures, mais le sol emmagasine la chaleur, et le rend par émission d’un rayonnement infrarouge. Habituellement, le pic de chaleur est situé entre 16h et 17h. À Nantes, il est entre 19h et 20h. La minéralisation des sols, les mètres cubes de bitume coulés, la disparition de la végétalisation ont rendu Nantes bouillante. Alors que de nombreuses personnes viennent s’installer à Nantes pour le doux climat promis par le marketing territorial, il fait désormais trop chaud à Nantes !

Étonnamment (ou pas), les derniers quartiers résidentiels construits sont des îlots de chaleur, des dômes thermiques à l’origine d’une sorte de microclimat urbain. La ville “attractive”, érigée en modèle, devient alors plus répulsive qu’autre chose. Dans ces quartiers, on atteint des températures jusqu’à 7 oC supérieures à  la moyenne globale de la ville

Les quartiers historiques ne sont pas épargnés : les places Graslin et Royale, pourtant refaites à neuf il y a quelques années, sont de véritables fournaises : rien n’a été pensé pour s’adapter à l’inexorable réchauffement climatique

Chaque année, les îlots de chaleur se font de plus en plus insoutenables. Malgré les rapports du Giec qui enjoignent d’adapter nos villes au changement climatique, Nantes semble ne pas avoir encore pris la mesure de ce qu’il faut faire. La ville de Nantes n’en fait qu’à sa tête dans un déni frôlant l’absurde : artificialisations des espaces naturels et agricoles de la ville, coupes d’arbres, matériaux de construction de couleurs sombres… 

Lire +  Confinement II : déconfinons nos libertés et continuons à bâtir un autre monde

Cet été doit nous faire réagir pour adapter l’urbanisme à ces vagues de chaleur devenues habituelles : 

  1. Arrêtons les projets qui prévoient de bétonner de nouvelles terres, comme à Doulon ou à Bout-des-Landes ;
  2. Enclenchons un plan “dé-bitumisation” de notre ville, en commençant par les cours de récré et les parkings géants  ;
  3. Revégétalisons nos places centrales, tout le centre-ville et tous les quartiers populaires de la ville ;
  4. Laissons tous les parcs ouverts en période de canicule ; 
  5. Plantons des arbres et arrêtons de couper les arbres existants ;
  6. Installons des fontaines à eau potable dans tous nos quartiers ;
  7. Préservons les rails et développons les transports ferroviaires de proximité pour réduire la pollution de l’air ;
  8. Éclaircissons les toitures des bâtiments récents pour réduire l’emmagasinement de chaleur.

La majorité municipale semble se perdre dans les priorités : plutôt que de privilégier les arbres, les vrais, elle s’échine à promouvoir de pseudos parasols connectés ou autres arbres aux hérons. 

Plus d’arbres pour respirer, moins d’arbres aux hérons pour se pavaner !