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🟡 Cette semaine, les nouveaux député·e·s font leur entrée à l’Assemblée nationale.

Bravo à la mobilisation militante de ces dernières semaines, de ces derniers mois, qui a rendu possible de cinq député·e·s de la NUPES en Loire-Atlantique et, par conséquent, la défaite de 5 candidat·e·s de la majorité présidentielle !

Nous ne cachons pas notre plaisir de voir l’harceleuse et agresseuse Anne-France Brunet, l’inexistante Aude Amadou et la députée godillot Valérie Oppelt perdre leur siège au palais Bourbon.

Nous nous réjouissons que Macron ait perdu la majorité absolue, compliquant et freinant la mise en application de son programme autoritaire, antisocial et anti-écologique. Une partie de l’objectif de ces élections est atteint : le gouvernement et son président sont impuissants. S’ouvre alors peut-être une nouvelle page de l’histoire de la Ve République : un parlementarisme contraint.

Malheureusement, ces législatives confirment la poussée de l’extrême droite partout dans le pays. Marine Le Pen prend la tête du plus grand groupe parlementaire d’opposition avec 91 députés, dont 89 du Rassemblement national.

Même dans les Pays de la Loire et en Loire-Atlantique où nous étions quelque peu épargnés par la vague brune, les idées fascistes progressent. En 2017, ce camp pesait 18,2% au 1er tour de la présidentielle. Cette année, l’extrême-droite cumule près de 24% des suffrages (dont 16,92% pour le RN).
On constate la même tendance aux législatives, où l’extrême-droite double quasiment son score entre 2017 et 2022.

Le RN et Reconquête! séduisent une bourgeoise pour qui la droite traditionnelle ne suffit plus à défendre leurs intérêts économiques. Le RN séduit aussi des classes populaires méprisées et démunies qui – à l’inverse d’embrasser l’abstention comme la majorité de la population – adhèrent au discours de celles et ceux qui viennent à eux.

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Ce sera l’enjeu des prochaines années : combattre les idées d’extrême droite, combattre partout les illusions derrière lesquelles se diffusent les idées de haine, de destruction et de domination

Le fascisme tue, à nous de tuer le fascisme. Ce fascisme qui s’expose dans les outrances de Zemmour et ses partisans, qui se fait discret sous le masque dédiabolisé de Le Pen, ou encore qui pointe insidieusement sous le masque de “l’ordre républicain” du macronisme qui ne veut pas choisir entre les “extrêmes”.

Plusieurs parlementaires ou membres du gouvernement se sont dit prêts à coopérer avec les élus RN, voire à les inclure dans un gouvernement “d’union nationale”. Alors que la NUPES ne propose qu’un peu plus de démocratie et de justice sociale – et fiscale – la bourgeoisie gouvernementale est prête à pactiser avec le fascisme pour que rien ne vienne, ne serait-ce qu’un peu, altérer leurs privilèges. De quoi seront-ils capables quand il ne sera plus simplement question qu’ils payent un peu plus d’impôts mais qu’il s’agira de transformer nos modes de production et de propriété pour faire face aux crises écologiques ?

Les années à venir seront des années de combat. Il faut nous organiser. Il nous faut fonder, nous-mêmes, les bases populaires et écologistes d’un nouvel ordre social et ainsi rompre la malédiction selon laquelle il n’existerait pas d’autres voies entre le néo-libéralisme autoritaire et le fascisme réactionnaire. Aucune de ces voies ne nous offrira le moindre salut, toujours les mêmes y seront dominés et toujours les mêmes y domineront.

Par l’auto-organisation partout, dans toutes les sphères de nos vies, et par la mutualisation de nos forces, nous avons les moyens de proposer et construire une autre voie. Une voie dans laquelle nous sommes collectivement maîtres de nos vies, une voie fondée sur l’entraide. Une voie dans laquelle nous reprenons en main nos moyens de subsistance et les transformons en communs, pour vaincre la misère, la précarité, l’infantilisation, l’impuissance. Une voie qui se détourne des contes de celles et ceux qui, toujours, cherchent à nous diviser pour mieux régner.

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