Un adolescent de 16 ans, marocain, non francophone et vivant en squat a été contrôlé pour la 11e fois sans attestation. Il a été placé en garde à vue le 26 avril, et déféré au parquet des mineurs de Nantes.
Quel sens donner à cela ? Rappelons que le gouvernement nous interdit de sortir sans attestation, sous peine d’une amende de 135€. Sans même parler de la pertinence de mettre des amendes dans ce contexte, n’est-ce pas absurde de verbaliser des personnes qui ne parlent ni écrivent le français ou des personnes vivant à la rue ? Quelle justice y a-t-il là-dedans ? Pourquoi la mairie et la préfecture n’interviennent-elles pas auprès des agents pour que cela n’ait pas lieu ?
Le gouvernement a su créer des attestations numériques et une application téléphonique, mais il n’a pas été capable de produire des documents pour les personnes non francophones ou pour les personnes analphabètes : ce sont les associations qui l’ont fait !

Cet événement n’est qu’une illustration parmi tant d’autres des inégalités face au confinement. Comment appliquer la même règle pour tout le monde quand certains d’entre nous vivent dans des maisons ou de spacieux appartements et que d’autres vivent dans des appartements sur-occupés, dans un squat ou à la rue ? Le mal-logement n’est pas tolérable quand une ville dispose des bâtiments et des moyens d’accueillir dignement tous ses habitants. En temps de confinement, cela l’est encore moins. Nombreux sont les exilé·e·s qui vivent aujourd’hui dans la promiscuité : leur situation favorise la propagation du virus et rend difficile la protection des personnes les plus fragiles.

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Au nom de la solidarité et pour la santé publique, nous devons agir. Mettre à l’abri les personnes dans les bâtiments publics non utilisés, réquisitionner les bâtiments privés vides, notamment les bureaux non utilisés. Et faire en sorte que ces logements soient compatibles avec le contexte d’urgence sanitaire : salubrité, chambres séparées, etc. Cela fait des semaines, des mois que les associations alertent la mairie et la préfecture. Les réponses sont timides et loin d’être à la hauteur des enjeux.

Mobilisons-nous pour une ville refuge, une ville qui prend soin de tous ses habitant·e·s, qui aide plutôt qu’elle réprime, qui rejette la discrimination et accueille dans la dignité.