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Petit récap si vous n’avez rien suivi à Nantes en commun

Plusieurs articles de presse commencent à s’intéresser à Nantes en commun. Les groupes locaux d’un des principaux mouvements politiques du pays annoncent qu’ils privilégient de s’investir dans Nantes en commun plutôt que de présenter une liste de leur côté aux municipales 2020. Petit récap pour celles et ceux qui n’ont pas tout suivi et peuvent être surpris par la tournure des événements, et quelques réponses à des questions qui ont pu être posées :

·   Qui participe ?

·   De quoi y parle-t-on?

·   Quelle est l’intention ?

·   C’est quoi ?

·   Comment se passe une enquête ?

·   Qui c’est ?

·   Quelles sont les prochaines étapes ?

L’aventure de Nantes en commun a débuté il y a quelques mois sur des bases assez limpides : on va réfléchir ensemble sur notre ville, avec un parti pris clairement orienté contre les politiques de métropolisation, d’attractivité, de bétonisation. On s’est proposé de mener une enquête collective, à la Sherlock Holmes, pour essayer de comprendre comment ça marche et quelles autres voies on pouvait chercher, en s’appuyant sur des exercices d’éducation populaire (lecture collective, témoignage de chercheurs, dialogue avec des associations engagées, discussion …) et en cherchant des exemples inspirants venus de Nantes ou d’ailleurs.

Ce qu’on appelle une enquête collective, ce n’est pas un sondage. Pour nous, on ne peut pas traiter les habitants comme des consommateurs qui pourraient exprimer leurs attentes en 3 minutes sur une appli mobile, et s’en aller sur un plateau télé expliquer « ce que pensent les Français ». La politique, au sens où on essaie de la faire, suppose une construction collective, un dialogue, une certaine patience. Et surtout, d’être actif. De se parler, d’écouter des arguments, d’apprendre, de rentrer dans le sujet, de chercher des faits, de développer un regard critique, d’imaginer ensemble des alternatives.

C’est assez incroyable, mais c’est ce qu’il se passe depuis plusieurs mois. À chaque rencontre, des gens qui ne se connaissaient pas échangent, se forgent un avis sur un sujet qu’ils découvrent parfois, partagent leurs connaissances, se mettent à proposer des pistes concrètes sur un enjeu qui nous concerne mais dont on parle vraiment pour la première fois ce soir. L’alchimie ne prend pas à tous les coups, parfois c’est moins intéressant, on tâtonne, on se perd, on revient en arrière, on ne s’entend pas bien, on se heurte à des désaccords de fond qu’on ne prend pas assez le temps de traiter. Le fait est qu’une méthode explicite est proposée, affichée, généralement appliquée, au moins sur le principe, et que ça aide beaucoup. On découvre qu’on peut « parler politique » sans s’engueuler, qu’on peut débattre en se comprenant, qu’on peut s’approprier des concepts majeurs autour d’un enjeu en une soirée, qu’on arrive à construire des propositions, des scénarios, des actions.

Qui participe ?

Plusieurs centaines de personnes ont déjà contribué à ces enquêtes collectives. C’est très peu dans l’absolu, et énorme en comparaison des autres espaces politiques. D’autant plus que ces gens ont parlé ensemble, ils n’ont pas assisté à un meeting : ils ont produit du contenu politique, confronté des idées, imaginé des actions, partagé des visions de ce qu’il y a à faire. Certains l’ont fait une fois pendant deux heures, quelques-uns ont juste passé une tête, d’autres, environ 150 personnes, l’ont fait de manière régulière, en participant à plusieurs discussions, en suivant une enquête sur plusieurs étapes ou en participant à plusieurs enquêtes. Parmi elles, quelques dizaines ont pris un rôle spécifique en participant à l’animation de l’enquête : cela implique d’organiser des rencontres, de contacter des témoins potentiels, de tenir à jour la page qui présente l’enquête sur le site. Quelques personnes, membres d’un cercle de facilitation, les aident dans l’animation des discussions, la méthode, et l’organisation des rencontres. Elles sont donc souvent présentes lors des discussions, pour assister les personnes qui animent l’enquête, parce que ce n’est pas facile de se concentrer à la fois sur la réflexion de fond, les tours de parole, et tous les éléments qui font une discussion fructueuse.

Les personnes qui contribuent pour l’instant aux enquêtes ne forment pas un « échantillon représentatif » de la population nantaise : syndicalistes, membres d’un mouvement politique, d’une association, de collectifs, ou intéressé·e·s aux sujets proposés, elles sont souvent engagées, même si pour un certain nombre Nantes en commun est le premier engagement. L’objectif est que ces rencontres soient inclusives : les concepts sont expliqués, le jargon évité ou explicité, les rencontres se tiennent dans des lieux variés, la parole de chacun est respectée, des supports visuels facilitent le suivi de la conversation. Pour être ouverts sur la ville, nous allons aussi dans la rue, interrogeons les gens, arpentons les quartiers, sollicitons les collectifs. Il y a un enjeu fort : accueillir les personnes qui participent moins à la vie politique en général, les femmes, les jeunes, les enfants d’immigrés, les pauvres, les moins diplômés. Il y a à ce titre des réussites et des échecs, mais ça ne fait que quelques mois. Clairement, en comparaison des autres espaces politiques, il y a plus de jeunes et de femmes qu’ailleurs, plus de gens sous le seuil de pauvreté, plus de gens au chômage ou à temps partiel, aussi car ils ont plus de temps. Si des gens de tous les quartiers viennent, ceux qui sont les plus éloignés du centre viennent moins souvent et il faut s’efforcer de proposer des choses dans tous les quartiers, pas seulement à la croisée des trams. Si 48% des Nantais sont diplômés du supérieur, il y a en proportion dans nos rencontres plus de gens à très haut niveau de diplômes, notamment des universitaires, des urbanistes, des architectes, … C’est parfois compliqué pour les jeunes parents, même si des activités pour les enfants sont proposées lors des gros rendez-vous. Les problématiques sont multiples et malgré les efforts déjà faits, il faut faire plus. Dès le départ, un groupe s’est constitué pour travailler sur l’inclusion de toutes et tous, et il doit faire mieux, mais c’est toujours plus facile à dire qu’à faire.

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Une chose qui marque celles et ceux qui participent régulièrement, c’est aussi la diversité politique des gens présents. Il va sans dire que cette diversité est relative : quand on dit que la ville ne doit pas être faite pour les investisseurs et les plus riches, mais par et pour ses habitantes et ses habitants, et notamment les plus pauvres qui n’ont aujourd’hui pas leur mot à dire, on se place d’emblée très loin de toutes les idéologies néolibérales, conservatrices, fascistes, … Nantes en commun n’est pas un espace neutre, sans orientation politique. Mais cette orientation est ouverte, et des gens aux idées différentes s’y retrouvent. Quand on parle de commune, d’auto-organisation, des communs, de municipalisme, de prise en main par les habitants de leur territoire, même si l’on n’est pas d’accord sur beaucoup de choses, on peut se retrouver et agir là-dessus. Un adversaire : le capitalisme. Une méthode : la réappropriation. Un principe : le commun. Un espace : la commune. Une résistance concrète à mener contre la marchandisation de Nantes et l’exclusion des plus pauvres. Une conscience écologiste, au sens fort du terme. Cela n’implique pas qu’il n’y ait pas de conflit entre nous, mais, justement, qu’il ait lieu sur le fond, dans nos débats, et cela n’empêche pas d’échanger ou de faire des choses ensemble.

De quoi parle-t-on à Nantes en commun ?

On parle de la ville, d’abord. Les enquêtes qui sont proposées peuvent porter sur un thème, un quartier, une proposition, un arrêt de bus, une place. Chaque personne peut proposer et animer une enquête, et ce sont les rencontres collectives qui la font évoluer au fur et à mesure, qui la réoriente, qui la font insister sur un aspect ou un autre. Les premières enquêtes lancées l’ont été sur des thèmes liés à notre quotidien en ville : manger, se loger, se déplacer, se chauffer, aller dans l’espace public, être un enfant, …

Sur chacun de ces thèmes, une certaine orientation se retrouve : l’accessibilité à toutes et à tous, la recherche d’une plus grande autonomie locale, le soutien aux communs contre le marché, l’attention aux enjeux écologiques et sociaux. La question principale est généralement : comment nous réapproprier ce dont il est question, notre alimentation, notre logement, l’énergie que nous utilisons ?

Sur le plan institutionnel, c’est surtout au niveau de la métropole que ces enjeux sont traités. Mais l’objet des enquêtes n’est pas simplement la construction d’un programme institutionnel : il s’agit de penser des propositions qui peuvent être mises en œuvre localement, que ce soit avec ou sans le soutien des institutions. Souvent, les propositions peuvent être mises en œuvre par nous-mêmes, ici et maintenant, quand bien même un soutien institutionnel, en termes de moyens notamment, permettrait d’aller plus vite et plus loin.

On traite de manière politique de sujets qui ont trait au quotidien. Cela peut déstabiliser autant les personnes qui s’occupent de ces sujets sans forcément s’intéresser à leur aspect politique, que des personnes très « politisées » qui n’ont pas l’habitude de parler de choses aussi concrètes. Manger, se loger, se déplacer, évidemment, c’est basique, mais essentiel. Basique donc essentiel. Évidemment, c’est surtout une question si l’on est pauvre. Quand on possède des biens immobiliers, qu’on passe d’une métropole à l’autre, on vient sans doute chercher autre chose à Nantes. Veut-on d’une ville attractive pour les investisseurs, une ville lissée dont les pauvres sont chassés, ou d’une ville où tout le monde a accès à une alimentation de qualité, où on est en bonne santé, où on a un logement décent ?  

Quelle est l’intention de Nantes en commun ?

Depuis le départ, le mouvement s’inscrit dans une stratégie municipaliste. Cette stratégie s’appuie sur l’idée qu’on peut agir pour une transformation radicale de la société à l’échelle locale.

L’intention de Nantes en commun n’est donc pas de proposer une meilleure gestion de la ville en ajustant certains paramètres pour mieux atteindre les mêmes objectifs. Dès le départ, nous contestons les objectifs que se donnent les institutions publiques actuellement : la croissance, l’attractivité économique, le soutien au développement du capitalisme local.

Aujourd’hui nos villes semblent être devenues de froids amas urbains régis par la rigueur “rationnelle” de pouvoirs “publics” extérieurs au corps social, extérieurs à la commune elle-même. Ces pouvoirs construisent l’agréable mythe de la “démocratie participative locale”, nous aimerions y croire, mais ces “décisions publiques” qui veulent donner sa “place au citoyen” font de nous des consommatrices et consommateurs de la ville. Dans cette ville du spectacle, le pouvoir consent à accorder une “place au citoyen”, la place d’un spectateur amené à consentir aux ambitions de l’élite urbaine à qui nous avons délégué notre puissance d’action. Retrouvons la conscience de nos capacités d’action collective.

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Nous avons placé dans le nom même du mouvement la triple idée de la commune, des communs et du commun. Le vieil idéal de la commune comme espace d’émancipation politique est aussi une possibilité concrète, via la réappropriation collective des institutions locales et des bases matérielles de la vie urbaine par les habitant·e·s. Cette réappropriation passe par la mise en commun : prendre soin collectivement de ce qui nous semble essentiel, confier au collectif les choses importantes, garantir un accès équitable à l’eau, à la nourriture, à l’espace public.

Plutôt que de céder aux impulsions néolibérales et de vouloir faire de Nantes la métropole la plus attractive du désert, nous pouvons faire mûrir à Nantes une autre société.

Dans un premier temps, les institutions publiques doivent laisser les habitants faire la ville, occuper les rues, les aider si besoin à s’organiser. Laisser faire, non pas le marché, qui a besoin d’une police, mais les collectifs, qui ont besoin d’une place.

Nous pouvons à Nantes créer des conditions favorables à une transformation radicale de nos vies, et, par des changements concrets, nous rappeler que c’est possible.

Mais alors c’est quoi Nantes en commun ?

Dans la presse et sous la plume de certains commentateurs sur les réseaux sociaux, Nantes en commun a été présenté comme un « site », un « collectif », une « liste » pour les municipales. Bref, c’est un objet politique non identifié. Pour certains acteurs du jeu politique, nous devrions nous définir comme un « think tank », ou un « lobby citoyen ».

Plusieurs anecdotes illustrent cette incompréhension. Par exemple, d’après une élue de la majorité, le nom choisi, porteur d’une « faute grammaticale » (sic) est « liée à la dégradation de nos modes d’expression sur les réseaux » (lol), alors que son groupe copie-colle des phrases entières de ce même « site » dans ses communiqués (ce qui est plutôt une bonne nouvelle). Plusieurs de ses collègues reconnaissent toutefois essayer de faire comme « ce que fait Nantes en commun », « en moins bien ».

Tout cela prête à sourire, évidemment. Nantes en commun est sans doute le groupe politique le plus actif en ce moment, et après 5 mois seulement, ce qui sort des enquêtes n’est jamais « assez creusé » (où sont les professionnels de la politique ?) alors que ça l’est parfois déjà bien plus que dans les programmes municipaux des anciens candidats.

Mais soit, soyons plus exigeants envers nous-mêmes, puisque nous ne sommes pas des notables et que nous devons prouver que des gens qui ne maîtrisent pas les codes des professionnels peuvent dire des choses beaucoup plus intéressantes.

Alors, Nantes en commun, c’est quoi ? Un site ? Comme la plupart des organisations aujourd’hui, il y a bien un site internet et on utilise quelques outils numériques, mais l’essentiel se passe dans des discussions physiques. C’est d’ailleurs un élément fondamental de ce qui se passe à Nantes en commun.

On parle parfois de « plateforme », mais dans un sens politique, pas numérique, au sens notamment d’une « plateforme de propositions » destinée à être présentée et portée publiquement, et qui prend la forme d’un ensemble de propositions pour Nantes.

Un collectif ? Sans doute. Précisons alors que ce qui mérite d’être appelé collectif à Nantes en commun, c’est surtout le groupe qui se forme lors d’une enquête, autour d’un sujet, et à l’occasion des rencontres successives. Ce sont autant de petits collectifs qui se réunissent entre eux de temps en temps, lors de rencontres inter-enquêtes. Il y a aussi des collectifs informels qui se créent via ces rencontres, et un collectif qui agit en support des enquêtes et qui a beaucoup évolué depuis le début de l’aventure.

Un réseau ? Certainement, d’ailleurs, un article a été proposé sur ce thème ici.

Un think tank ? Le modèle des think tanks est assez à l’opposé de ce qu’on fait : c’est une privatisation de la réflexion politique, quand nous cherchons justement à l’ouvrir.

Un mouvement d’éducation populaire ? Complètement. Précisons : l’éducation populaire n’est pas une distraction mais une praxis. Nous prenons l’objet concret qu’est la ville et nous agissons dessus par le détour d’un dialogue ambitieux dont la saveur tient dans une volonté transformatrice.

Nantes en commun, c’est un mouvement de réappropriation de la ville par ses habitants, réappropriation qui passe par l’expression de leur légitimité et de la force des communs, par la construction d’un savoir militant, par la proposition et l’action collective, par la mise en communs de l’essentiel.

Comment se passe une enquête ?

Une enquête à Nantes en commun, c’est d’abord généralement une ou deux personnes qui veulent aborder un sujet. Elles commencent des recherches et proposent une première date de rencontre. Lors de cette première rencontre, elles présentent quelques éléments pour poser le sujet et animent la discussion. Un groupe se forme, contacte des assos, collectifs ou chercheurs engagés sur le sujet, les appellent à venir témoigner. Bref, le groupe enquête. Au fur et à mesure des rencontres, le groupe s’agrandit un peu, et commence à élaborer des propositions de plus en plus précises.

Les personnes qui participent vraiment disent évidemment d’autres choses que les commentateurs extérieurs : elles parlent de la méthode, de la vision de la ville, des échanges qu’elles ont pu avoir.

Les enquêtes ouvrent des espaces qui font se croiser des réflexions, des collectifs, des idées.

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Un des principes qui revient lors des premières discussions d’une enquête est de d’abord se demander ce que l’on veut vraiment, avant de chercher à le mettre en place. Le risque qu’on cherche à éviter, et qui se réalise parfois, c’est de réfléchir en gestionnaire et continuateur de l’existant, plutôt que de porter un regard politique sur ce qu’on veut changer. Cette phase est très importante, et difficile, puisqu’on passe notre temps à entendre qu’il n’y a pas d’alternative. Évidemment, c’est là que la recherche d’exemples inspirants nous libèrent : oui, c’est possible, puisque ça a été fait. Quand on commence à imaginer des propositions, des pistes d’action, on se rend aussi compte que beaucoup de choses sont possibles : évidemment, la plupart du temps, il vaut mieux commencer petit, penser des premières étapes. Mais globalement, ce qui est imaginé est très réaliste.

Il y a plusieurs débouchés possibles pour ces propositions : d’abord, certaines propositions peuvent faire l’objet d’une enquête spécifique, donc de plusieurs rencontres et d’ateliers de travail où la proposition va être précisée. Ensuite, un collectif peut se former ou se mobiliser autour de la proposition pour la mettre en œuvre en tout ou partie. Enfin, elle peut être soutenue, relayée ou mise en œuvre par une institution. Par institution, nous entendons notamment la mairie, la métropole, mais on peut aussi créer nos propres institutions, comme l’Assemblée des Communs.

Qui est Nantes en commun ? Qu’est-ce qui se cache derrière ?

Voici quelques-unes des différentes façons de participer à Nantes en commun :

·       Contribuer à une enquête en participant à une discussion ;

·       Contribuer à une enquête en venant témoigner ;

·       Animer une enquête ;

·       Animer une discussion sur une proposition ou un autre sujet ;

·       Faciliter la vie des enquêtes en aidant sur la logistique, la méthode, … ;

·       Organiser un événement inter-enquêtes ou de lancement d’enquêtes ;

·       Envoyer un article ou une vidéo ;

·       Animer une rencontre d’accueil et de présentation de Nantes en commun ;

·       Contribuer au pôle automédia et communication.

L’essentiel se passe dans les enquêtes, et nous avons aussi lancé une enquête sur le rôle potentiel de Nantes en commun lors des municipales 2020.

Comme tout le monde s’en doute, le mouvement est financé par un consortium international de différents lobbys financiers (c’est une blague !). D’après certains échos entendus ici et là, cependant, la communication serait trop belle pour ne pas être financée et soutenue par de mystérieuses forces. Pour ne laisser aucun doute : très peu d’argent a été utilisé (quelques centaines d’euros en 6 mois), avancé par divers participants. Tout le monde est bénévole. Certaines personnes s’engagent fortement, notamment des militants qui ont acquis des savoir-faire dans des expériences précédentes, et ont envie de faire les choses bien, en y passant une bonne part de leur temps. Ces personnes ont vraiment très envie de transformer la ville, et considèrent qu’elles ont le devoir de consacrer le temps nécessaire à une cause qui les dépasse. Ce qui implique bien sûr d’avoir moins d’argent. L’idéal serait peut-être que ceux qui gagnent davantage puissent aussi contribuer financièrement, même s’ils passent moins de temps à agir.

Difficile par ailleurs de dire « Nantes en commun est représenté » (ou l’inverse), par exemple à une réunion. Lorsqu’une invitation est expressément envoyée à Nantes en commun, les personnes qui répondent aux mails essaient de trouver une solution pour qu’il y ait effectivement des gens susceptibles de faire le lien, et capables de répondre aux éventuelles questions.

Nantes en commun, ce sont les gens qui participent aux enquêtes. Il y a une ligne, une intention de départ claire, et quand on s’y reconnaît et qu’on agit, qu’on vient discuter de la ville, on est Nantes en commun. Il n’y a pas d’adhésion, pas de carte, pas de représentants, pas d’élections. Il y a des centaines de personnes qui enquêtent, certaines à plein temps, d’autres de temps en temps. Cela crée une forme de distinction, parce qu’on est plus à l’aise pour parler de Nantes en commun quand on vient souvent. Les rôles ne sont pas forcément les mêmes, ou pas remplis de la même façon, mais il suffit de quelques heures chaque mois pour pouvoir contribuer très fortement au contenu.

Quelles sont les prochaines étapes ?

1.       Les enquêtes continuent : sur un thème, une proposition, un quartier, de nombreuses enquêtes devraient s’ouvrir à la rentrée.

2.       Une enquête porte sur le rôle de Nantes en commun pour les municipales de 2020, avec l’objectif d’esquisser des scénarios d’ici l’automne.

3.       L’Assemblée des communs s’autonomise progressivement de Nantes en commun et devrait se tenir aux alentours d’octobre.

4.       De nouveaux cercles pour animer la vie du mouvement sont en train de se former.

Conclusion

Aujourd’hui, de fait, Nantes en commun a ouvert un espace où les tenants de l’autonomie politique se retrouvent, et dans lequel s’opère des jonctions, sur le fond.

Ce qui s’y passe, c’est une praxis. C’est la construction active d’une autonomie collective, la production active d’un commun politique.

Ce qui est inquiétant, c’est que c’est peut-être en train de marcher. Peut-être qu’après tout, quelque chose d’intéressant pourrait (encore) se passer chez nous.